A tous ceux qui sont venus me rendre visite et que je n’ai pas eu le plaisir de rencontrer

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Ferhat BOUDA
Il est venu spécialement d’Allemagne pour me voir à ‘hôpital Georges Pompidou en France et il est retourné bredouille dans le même pays, le cœur meurtri et l’esprit rongé par un mélange de remords et de tristesse. Et si quelqu’un devait être triste c’était bien moi auquel manquent terriblement les boutades- entrecoupées de sujets extrêmement sérieux, de cet artiste plein de génie dont les reportages- photos font la une de l’actualité mondiale, le dernier en date sur Euro News. Pour ceux qui savaient lire dans le regard des hommes ambitieux, c’était une évidence, Ferhat Bouda, incarne cette jeunesse avide d’évasion et de savoir, Et l’ aventurier de la photo qu’il est et ne cesse jamais d’être est toujours présent dans son œuvre qu’il incarne avec la plus grande générosité en dépit de la gravité des sujets traités …

Ferhat MEHENNI
« Une mission ne se termine jamais ». L’auteur de cette formule s’adressait à moi. Et ce que je connaissais de lui m’a permis de vite comprendre qu’elle était volontairement et sciemment tronquée de l’une de ses parties et qui, reformulée avec son complément du nom en conservant son sens premier, livre un concept plus personnalisé mais en portant au firmament l’idée qu’il se faisait de son sens. qu’il considère comme le vrai sujet littérairement occulté par son concepteur dans la première esquisse Il fallait lire bien sûr « LA MISSION D’ UN HOMME NE SE TERMINE JAMAIS… ». Ici, Ferhat, met dos à dos les missions et l’homme. Cette maxime a été lâchée par Ferhat à l’issue de sa vaine visite à l’hôpital hier à 17 h après que je lui ai fait part de mon désir secret de quitter ce monde une fois réalisés un certain nombre d’objectifs d’intérêt collectif liés au bien être de ma commune, ma région mon pays et toutes les femmes, hommes et enfants qui les habitent. Venu lundi avec son ami Samir Hamma et une troisième personne partageant mon expérience de la maladie, histoire de dire que la maladie n’est pas une fatalité. Ferhat déplora beaucoup ce ratage, promettant de nous revoir dès que je serai à Paris, moi qui me trouve actuellement en Ariege.

Son raisonnement résonnait comme un message d’espoir pour tous ceux qui se retrouvent un jour face à une terrible maladie. A ceux là, il donne un conseil cher aux canadiens ai-je appris récemment auprès d’un compatriote : « lutter et encore lutter et ne jamais abdiquer ».. La paraphrase de Ferhat est d’autant plus méritoire que sa remarque se conjugue à tous les temps et les tons et à toutes les personnes. En autant de missions que tout individu se fixe pour atteindre un ou des objectifs d’une dimension inestimable. Et c’est à ce titre qu’aussi bien les missions que les hommes chargés de leur accomplissement ne meurent jamais. Car s’ils venaient à mourir, l’histoire les repêcherait indéfiniment. Il est clair que mon interlocuteur au bout du fil pendant près d’une heure faisait tout pour me remonter le moral comme à tous les patient qui , comme moi, luttent contre la bête immonde. Le courage que me prêtait Ferhat et à tous ceux et celles qui me connaissent me fait prendre conscience de ce que je représente à leurs yeux , moi à qui il arrive d’éclater en sanglots devant mon sort comme une fillette effarouchée de huit ans avant de renaître soudain de ma subite déchéance et de repartir le lendemain de bon pied pour rédiger jusqu’à quatre articles oubliant la maladie, les risques de récidive et tous les travers de la vie. Et Ferhat Mehenni a usé de cette formule pour louer « des qualités » que je découvre comme un trésor inestimable. D’autres avant lui l’ont fait et Ferhat, n’a en fait, fait que confirmer, et de quelle façon !, cette qualité que je recherchais vainement dans ma petite vie et dans mon entourage. Passer sous silence la sensibilité de Ferhat serait injuste. Quand, en réponse à une question sur l’évaluation de ma maladie, je lui ai annoncé que j’étais désormais paralysé des membres inférieurs devenant de ce fait un homme à mobilité réduite, il disparut de derrière son téléphone pendant quelques secondes, histoire de digérer la nouvelle, terrible à ses yeux. J’imaginais son drame intérieur et tout l’effort qu’il mettait pour ne rien en laisser paraître. Il a dû pleurer dans la langue maternelle comme l’a fait et dit Jean El Mouhoub Amrouche.

Un flash soudain me vint. Cela se passait à la fin des années 70. Anecdote que je rapportais fièrement et fidèlement lors du tour de table des invités de l’association de Lemsella qui fêtait « le héros de la région », il y a de cela huit ou neuf ans. Voilà à quelques mots près mon témoignage que Ferhat avait bien apprécié non sans apporter quelques éclairages « Pour ce friand de belles anecdotes qu’est Ferhat, j ‘en ai une à lui raconter.: C’était à l’époque de la pensée, télévision thématique artistiques et idées uniques. Ferhat avait sorti un tube immortel traitant de l’identité et de la culture berbères avec des titres aussi dérangeants les uns que les autres comme « A3ettar », « «Amarezg Ennegh »…etc. Et l’on ne sait pas jusqu’à présent quelle mouche avait piqué les responsables de l’ex RTA à passer à une heure de grande audience des chants et un artiste jusque là quasiment interdits d’antenne. Et les plus grands surpris furent également nous, ceux issus de la même daïra qui attendions avec la plus grande des impatiences son passage dans un café de Bouzeguène-centre, archicomble pour la circonstance car, par delà l’aura du jeune chanteur , le café, sis aux Etablissements Akli en face de l’actuelle supérette Hadj Wamarra, était le seul de la région à disposer d’un téléviseur en couleurs! , Et notre surprise fut double: nous qui attendions le clip le cœur battant, avions éprouvé la plus grande surprise de notre vie en apercevant Ferhat, accompagné de gens de son village Maraghna, venus comme nous voir les clips sur un téléviseur en couleurs! Voilà l’anecdote saluée 30 après par Ferhat lui-même et lequel n’a pas raté l’occasion de la rendre plus lisible sur tous les plans.

Aziz SLIMANI
Faisant partie de l’exécutif de l’ APC de Bouzeguène en tant que vice-président, Aziz Slimanai a lui aussi comme beaucoup d’autres, appris en retard mon hospitalisation et ma sortie .Il m’a longuement appelé, évoqué ma thérapie et aussi parlé de l’avenir de l’APC et des problèmes auxquels elle est confrontée depuis ces dix dernières années.

Larbi ALIANE
Larbi Aliane d’Ighil Tizi-Boa, m’a lui aussi appelé. Ancien élève et collègue de travail au cinéma avec le film de Guy BEAUJARD cet instituteur de Tifrit, venu enseigner le savoir universel reconnu par Mohand Oulhadj qui la rencontré au maquis pour l’exhorter à poursuivre son travail d’éducateur loin de toute crainte. Avant de le faire escorter au port par ses hommes et de l’encourager à revenir s’il le désirait pour poursuivre sa tache avec tout le respect dû à un universitaire ayant tourné le dos à l’ordre colonial et vécu les affres des sévices d’un père gendarme qui voulait en faire un militaire endurci lui qui l’a mis en cellule à l’âge de seulement 3 ans pour le chef d’inculpation de « tentative d’incendie d’une institution de la république ». Guy BEAUJARD d’avec qui j’ai partagé une heure d’émission à la TV 4 sur ce thème, aime me taquiner en me disant à chaque fois « Salem, je t’interdis de corriger mes fautes ». Et à la manière de AMIROUCHE je répondais  » Ce n’est rien Guy, tu fais certes des erreurs, mais tu ne commets pas de fautes »
Là est toute la différence…..

Salem HAMMOUM

Radio Tiɛwinin


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