COMMÉMORATION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE LA PRESSE A LA MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI

L’association des journalistes de la Wilaya de Tizi-Ouzou rend un hommage du cœur à notre confrère Salem Hammoum

Difficile de trouver les mots à même de restituer l’émotion et le climat ayant prévalu hier à la maison de la culture Mouloud Mammeri lors de la cérémonie organisée par l’Association des Journalistes et Correspondants de la Wilaya de Tizi-Ouzou dont une partie du programme a été consacrée à des hommages destinés à des journalistes dont certains, à l’image de Abdelkrim Djaad et Nadir Bensebaa, ne sont plus de ce monde. Ils étaient à l’occasion représentés par des membres de leurs familles.

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Dans la salle en fleurs et / ou en pleurs où plusieurs titres de journaux étaient représentés avec aussi cette présence devenue coutumière des autorités de la Wilaya à leur tête le Wali de Tizi-Ouzou Mr Abdelkader Bouazghi et du P/ APC de la commune Mr Louhab Aït- Menguellet ainsi que beaucoup de citoyens venus assister à la fête d’une corporation avide de s’acquitter de sa mission quasi sacerdotale, régnait une atmosphère jamais ressentie auparavant avec une telle ampleur.

Beaucoup parmi les amis des journalistes honorés, ont tenu à apporter leurs témoignages à l’endroit de journalistes dont le parcours a été qualifié d’exemplaire.

Dans ce registre, notre ami Salem Hammoum a eu une part prépondérante considérant son parcours atypique malheureusement contrarié par une implacable maladie qui l’a rendu entièrement paralysé des membres inférieurs et totalement dépendant d’une tierce personne lui qui avalait il n’ y a pas si longtemps des dizaines de Km par jour courant inlassablement derrière l’information dans l’espoir de la transmettre dans les délais à la publication. Comble de l’ironie, aujourd’hui il est condamné à vivre le restant de ses jours dans un espace de deux à trois M2.

Ses collègues comme Rachid Hammoutene ou encore Samir Leslous ont eu les plus grandes peines à dire un mot envahis qu’ils étaient par l’émotion. Samir n’a d’ailleurs pas pu maîtriser son émotion en donnant malgré eux libre cours à son affect. Avant-hier les mosquées de la région ont programmé des prières implorant Dieu à mettre fin à la canicule et pour un retour salvateur de la pluie. A défaut de pluie, on a eu une avalanche de larmes provoquées par une émotion qui allait crescendo, prélude sûrement à des journées salvatrices.

A l’origine de toute cette déferlante humaine, ce message adressé par Mr Hammoum à l’auditoire et qui, partir de l’Ariège, a dit toute sa reconnaissance aux organisateurs de l’événement. Altruiste, il a reconnu à ses amis de la corporation ce courage d’écrire et cette éthique journalistique sur la ligne de laquelle il a exhorté les uns et les autres à ne jamais s’écarter de la ligne. Car il y va de l’avenir d’un métier certes exaltant, mais à la limite des possibilités humaines. Il a affirmé sans ambages que les nombreuses qualités dont on l’affuble sont avant tout le produit du sérieux des acteurs de l’association et du bureau local et national du quotidien Le Soir D’Algérie pour lequel il active depuis 17 ans.
Notre ami Salem s’est fait représenter par nous ses amis de site le Bouzeguene Poste et notamment par son fils Fateh bien entouré et sollicité ce jour là. Le chef de bureau de Tizi-Ouzou Azeddine Maktour connu pour ses qualités humaines a été très proche de lui hier pour s’enquérir de sa santé.

Fateh n’a pas eu le courage de lire le message de son père à la corporation, laissant le soin à notre ami Yazid de le faire mais qui a buté plusieurs fois sur une émotion intenable. Islam Bessaci était lui aussi dans une autre dimension tut autant que Mabrouk Rachedi qui a tenu à être de la fête enn dépit de la maladie de sa mère à laquelle nous souhaitons un propt rétablissement.

Voici la teneur du message de Salem qui a mis en exergue la difficulté de la mission d’informer et le rôle de premier plan joué par les journalistes de la Wilaya de Tizi-Ouzou qui ne courbent pas l’échine devant les écueils.

MERCI A L’HOMMAGE DU COEUR

« Devant mes yeux, loin de moi ».Cet extrait de chanson de Farid El Atrach illustre à mon sens ce que j’éprouve à l’endroit de mes amis depuis que j’ai quitté le pays il y a bientôt près de huit mois pour me soigner de la maladie, cette bête immonde contre laquelle je lutte du mieux que je peux depuis six ans. Mais qui, cette fois-ci, a décidé de sortir le grand jeu pour en finir définitivement avec moi. En me paralysant d’abord complètement …

L’hommage du cœur que vous me rendez aujourd’hui à l’occasion de la journée internationale de la presse fait de moi un homme heureux . Un homme heureux et comblé et un tantinet satisfait de son destin. De tous les coins de la région et même du pays j’ai reçu d’innombrables appels, des prières et des encouragements d’hommes et de femmes me faisant part de leur envie de me revoir vite sur pied. Tous ces appels ont un sens et une philosophie de l’optimisme que je me dois d’assumer ne serait-ce que pour rester dans cette logique de résistance contre toute forme d’abdication érigée en valeur.

De toutes ces manifestations de solidarité face à la maladie, la vôtre, exprimée de la bouche de son président en exercice Samir Leslous , a , de par sa teneur et sa résonance, une saveur particulière.
Parce qu’ elle émane d’une structure vertueuse qui n’est mue par aucune espèce d’objectif prêtant à équivoque si ce n’est celui de voir le pays sortir de la crise profonde dans laquelle il a été plongé , faisant payer aux journalistes un lourd tribut notamment durant la décennie noire. Cela alors que personne n’ignore l’apport de cette corporation pour la construction de la démocratie en Algérie en général et à Tizi-Ouzou, terreau particulier et berceau de toutes les luttes et des défis économiques et politiques portant la marque de fabrique d’une nation qui se cherche encore.

Beaucoup de confrères à l’expérience et au talent avérés m’appellent « l’ancien » et la plupart des jeunes recherchent en ma compagnie ce petit rayon de lumière et cette sagesse qu’ils croient déceler chez votre serviteur. Trop d’honneur pour moi mes chers amis qui devez savoir que ce que vous me prêtez comme vertus et qualités , ne sont que le fruit de votre talent et de votre professionnalisme,moi qui n’ai pas cessé d’apprendre,d’abord chez mes amis du bureau , ensuite auprès de vous tous qui recelez un trésor de savoir-faire, de compétence et d’ingéniosité .

Et si je suis ce que je suis devenu aujourd’hui, c’est pour une large part grâce à vous tous auprès de qui j’ai appris tant de choses non seulement sur ce passionnant métier mais aussi sur la douce philosophie de la vie qu’il véhicule. A mon tour de vous dire de rester soudés et unis comme jamais pour être à la hauteur de la confiance placée en vous par les lecteurs dont le cœur vibre au contact de l’information que vous leur donnez au quotidien. De là où je suis actuellement, je comprends mieux tous ces ressors qui lient le journaliste à ses lecteurs. Ce qui fait de vous des êtres privilégiés et souvent adulés eu égard au respect dont vous jouissez auprès des lecteurs en dépit de certains aléas.

Avide d’espace et de liberté que je suis, il ne me reste désormais que mon lit pour me mouvoir. Assez suffisant pour continuer à vivre, autrement certes-, la formidable aventure humaine entamée avec vous mes chers frères et sœurs que je porte bien au chaud dans un coin secret de mon cœur. »

 

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