Le dispensaire de Bouzeguène se meurt

Le dispensaire est devenu un lieu de rassemblement public, de dégustation de glaces, de boisson, de sandwichs, de réunions de jeunes, à l’ombre de la salle de soins.

En l’absence d’hôpital à Bouzeguène, les malades nécessitant une médecine d’appoint sont souvent évacués vers l’EPH de Azazga après avoir transité par l’EPSP (polyclinique) de Loudha Guighil. Si cette dernière est mieux entretenue, le dispensaire du chef-lieu de commune, construit à la fin des années 60, est dans un état piteux. Cette structure qui ne cesse de dépérir est pratiquement livrée à elle-même.

Les murs décrépis n’ont pas été repeints depuis l’ouverture du dispensaire, il y a 45 ans. Et le portail ne se ferme plus, ce qui a transformé la cour en parking. La façade secondaire donnant sur le chemin est entièrement couverte de tags et de graffitis de tout genre et aucune sécurité n’est assurée aux alentours. Le grillage de protection de la structure a été volontairement arraché et de gros piquets ont été sciés à la tronçonneuse, alors qu’un espace vert qui devrait être exploité pour la réalisation d’un centre d’hémodialyse semble être convoité. Les lieux sont totalement abandonnés aux arbustes sauvages et aux déchets en tous genres, d’où la nécessité d’un mur en béton pour protéger la bâtisse.

A chaque hiver, des alluvions viennent s’entasser dans le couloir qui sépare le dispensaire et l’espace vert. Le dispensaire est devenu un lieu de rassemblement public. Les infirmières, qui sont dérangées de jour comme de nuit par de jeunes désœuvrés, ne savent plus à quel saint se vouer. Il est devenu aussi un lieu de dégustation de glaces, de boisson, de sandwichs, mais aussi de rencontres en tous genres, de commerces parasites, de réunions de jeunes à l’ombre de la salle de soins, certains curieux ne s’empêchent pas de filmer l’intérieur du dispensaire. Et pour combler ce tableau peu reluisant, les murs du dispensaire se transforment même en urinoirs, à la faveur de la nuit.

En dépit de tous ces points noirs, les différents services du dispensaire, tels que la salle de soins externes, le cabinet dentaire, la PMI et la médecine de garde, continuent de fonctionner tant bien que mal. “Cette structure peut devenir un mini-hôpital si on daigne bien l’équiper en moyens humains et matériels. Il faut affecter des médecins qui assureront alternativement les urgences de jour comme de nuit, rouvrir la maternité, affecter un médecin gynécologue, des sages-femmes et des accoucheuses et l’équiper en matériel de radiologie, pour compenser celles de l’EPSP de Loudha qui ferme à 14h, ce qui est anormal. Un service d’analyses médicales est nécessaire pour permettre aux patients de ne pas recourir aux laboratoires privés dont les tarifs sont hors de leur portée”, soulignent les habitants.

K. Nath Oukaci

Radio Tiɛwinin


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