Une statue à l’effigie de Mouloud Mammeri : « La capuche de l’abondance » dévoilée à Ath Yenni

« La capuche de l´abondance », une statue en bronze à l’effigie de l’écrivain Mouloud Mammeri (1917-1989), signée Abdeslam Olivier Graine, a été dévoilée samedi à Ath Yenni, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Tizi-Ouzou, a-t-on constaté. 269bc461e676bdd7b83b3cd4762ca1b2_L

La cérémonie d’inauguration de cette £uvre dédiée à la mémoire de l’auteur du roman « La colline oubliée », enfant du village Taourirt Mimoune dans la commune d’Ath Yenni, s’est déroulée en présence des autorités locales, d’artistes, d’universitaires, d’anciens élèves de Mammeri, d’élus locaux et nationaux, de représentants de partis politique et de nombreux citoyens venus de plusieurs localités de la wilaya.

La statue qui mesure 160 cm de haut et en profondeur, et 130 cm de largeur, est en bronze patiné. Elle est posée sur un socle d’une hauteur de 150 cm en roches brutes et naturelles extraites du giron du Djurdjura, montagne au flanc de laquelle s’agrippe Ath Yenni, à 900 m d’altitude.

L’Homme de lettre, l’ethno-anthropologue, fervent défenseur de l’identité Amazighe, auteur de la première grammaire de Tamazight, est représenté assis, face à sa Colline, « retenant de sa main gauche un feuillet, quand de la main droite, il ramène un pan de son burnous dans le creux duquel il retient ses feuilles que le vent emporte. Dans son dos, la capuche du Burnous volumineuse, d’où le titre de l’£uvre La capuche de l’abondance », selon une description faite à la conception de la statue par son sculpteur M. Graine, lui aussi enfant d’Ath Yenni.

Selon ce même artiste-sculpteur qui était absent à l’inauguration, « cette statue de style allégorique, qui est en rupture avec la statuaire officielle et les stèle-cimetières, mettra poétiquement en valeur le rôle décisif qu´a joué Mouloud Mammeri dans la récupération et le développement d’un pan essentiel de l’identité Amazighe de l’Afrique du nord ».

L’œuvre a été implantée au lieu-dit Vava Hamza, à proximité du cimetière où est enterré le défunt écrivain, sur un site aménagé avec de la roche naturelle formant les contours de la carte géographique de l’Algérie, pour rappeler la dimension nationaliste de l’auteur du premier livre de Grammaire Amazighe (1976).

                Un nationaliste jaloux de sa berbérité et de son algérianité

D’ailleurs, les murs de la ville d’Ath Yenni ont été tapissés de banderoles sur lesquelles sont écrites des expressions de Mouloud Mammeri mettant en exergue le nationalisme de l’écrivain dont « une république kabyle à non je ne la revendique pas. Je revendique l’unité de l’Algérie, mais je dis en même temps que les kabyles, avec les autres bien sur, forment la texture de l’unité nationale ».

Lors de la cérémonie d’inauguration de la statue, des intervenants ont tous souligné le combat de Mammeri pour une Algérie unie et forte de son Amazighité, lui qui disait « Quand je travaille à la berbérité, c’est à l’algérianité que je travaille, à quelque chose de tout à fait fondamental dans l’algérianité…Ma façon de vivre ma berbérité est à mon avis la façon la plus profonde, la plus authentique, la plus réelle de vivre mon algérianité… « .

Dans son allocution, la représentante du ministre de la Culture, Mihoubi Djahida, a rendu hommage au « grand homme » de littérature algérienne, un « monument universel » et un rassembleur à qui « toute l’Algérie rend hommage ».

De son coté, la directrice de la Culture, Nabila Goumeziane, représentante du wali de Tizi-Ouzou, a souligné « la reconnaissance, à travers cette statue, des autorités de l’Etat à ses enfants qui ont contribué à l’enrichissement de la culture et marqué de leur nom l’Histoire du pays, Mouloud Mammeri étant un révolutionnaire nationaliste qui aimait son pays ». Cette même responsable a lancé un appel pour préserver l’unité nationale.

Pour sa part, Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du FFS, a lancé un appel aux jeunes à poursuivre le combat de Mammeri pour « une Algérie forte et unie de sa personnalité et identité algérienne, riche et dont Tamazight est le socle ».

D’autres intervenants dont le président d’APC d’Ath Yenni, le chercheur en préhistoire, anthropologie et Histoire et ancien élève de Mammeri, Slimane Hachi, le professeur en psychologie, Lahlou Mohamed, le chanteur Lounis Ait Menguellet, ont tous mis en exergue l’apport de « Da L’mouloud » à la langue Amazighe et le « titanesque » travail de recherche scientifique qu’il a effectué pour la promotion de Tamazight, en poussant ses recherches au-delà des frontières de l’Algérie.

 APS
Radio Tiɛwinin


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