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Daïra de Bouzeguène Les pénuries d’eau s’accentuent

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    Le peu d’eau qu’avaient les citoyens en réserve a été utilisé pour éteindre les incendies ravageurs qui ont également touché Bouzeguène au début du mois d’août dernier, affirment de nombreux citoyens.

    Depuis le jour de l’Aïd, pas une goutte d’eau n’a coulé dans les robinets dans plusieurs villages de Bouzeguène, plongeant les habitants dans le désarroi. Les ménagères tentent le tout pour le tout afin d’économiser la moindre goutte pour préparer le repas, faire la lessive…, alors que se doucher est devenu un luxe. Les fardeaux d’eau minérale réservés à la consommation sont utilisés pour la cuisine et même pour se laver.

    Des citoyens ont même été contraints de combattre le feu avec de l’eau minérale ! À Bouzeguène, la population est, depuis plus de vingt ans, toujours confrontée à des restrictions intenables. Véritable “tache noire” indélébile, le manque d’eau a fini par faire réagir la population en 2017 avec la montée au créneau de la coordination des comités des villages de Bouzeguène qui a pris le taureau par les cornes en exigeant des autorités un nouveau regard en direction de Bouzeguène. Les comités de village ont fini par obtenir une oreille attentive et, au terme d’une série de réunions, ont obtenu gain de cause.

    Un projet de renforcement de l’alimentation en eau potable de la commune de Bouzeguène à partir du barrage de Tichy Haf (wilaya de Béjaïa) a été accordé pour une autorisation programme de 200 milliards de centimes. L’ancien ministre des Ressources en eau du gouvernement de 2018 avait même prédit que l’eau devrait couler dans les robinets de la population de Bouzeguène dans une durée n’excédant six mois, soit en juin 2019. Le projet est certes lancé, mais il est ponctué d’arrêts récurrents des chantiers pour diverses raisons, notamment le manque de financement des entreprises ayant abouti au non-paiement des ouvriers, oppositions des propriétaires au passage de la conduite d’eau à travers leurs terres, pour ne citer que ces raisons.

    Le projet étant depuis plusieurs mois à l’arrêt, la population de Bouzeguène se retrouve à la case départ avec des restrictions atteignant la barre des 30 jours. Il va sans dire, au-delà du projet Tichy Haf, que la population de Bouzeguène est frappée de plein fouet par la mauvaise gestion de l’eau de la source ancestrale d’Aderdar, une source de montagne de grosse capacité, captée en 1976 dans la montagne d’Aït Zikki. Au fil des années, la conduite principale d’Aderdar, a fait l’objet, à ce jour et impunément, de piquages sauvages ayant conduit à la réduction du débit et, par-delà, à diminuer les capacités hydriques destinées à la population de Bouzeguène. On parle de plus de deux mille piquages opérés par les habitants de Bouzeguène et d’Aït Zikki. Le service de l’ADE est même intervenu, en associant les services de sécurité, pour supprimer les branchements illicites.

    Cependant, deux jours après, les habitants de ces quartiers ont remis en place leurs branchements illégaux. Un projet de déviation pour le contournement de ces quartiers a été alors initié par la direction des ressources en eau. Totalement achevé, sa mise en service a été encore une fois bloquée à Aït Zikki. Bouzeguène continue de vivre les privations et l’omerta. Le bout du tunnel est encore loin.

    source: KAMEL NATH OUKACI-liberte-algerie

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