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A RADIO GAZELLE “RIHA NETMOURHT” NOUS ENCENSE

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    Deux jours après Kamel Tahwihth et l’émission Art et Société de Brtv qui nous a fait l’honneur de nous inviter pour parler de notre expérience dans la presse de proximité, ce fut, aujourd’hui lundi,  autour de Hamid Ath Ali de Radio Gazelle, suivie par 40,000 auditeurs / jour, de nous accueillir  à son émission Riha Netmurth ( Parfums de Kabylie) diffusée tous les dimanches de 17h à 19h avec , à la réalisation Hacene Ichar3iwen,..

    Hamid Ath Ali ( Berkat Hamid) s’est longuement intéressé à mon parcours personnel , de mon enfance puis  à ma trajectoire d’enseignant et enfin  dans le journalisme en général et de proximité en particulier.Ce qui m’a permis de revisiter ma dure enfance au village Ihitoussene dans la région des Ath Idjeur ( actuelle Bouzeguene) durant la révolution.Une vie mouvementée, bercée par les chants d’une mère éplorée et rythmés par les fusillades, les cris de détresse et les morsures de la faim qui taraudaient les ventres creux des enfants de ma génération élevés dans la misère.

    Puis la dure séparation d’avec la Kabylie natale pour entrer dans un monde plus cruel pour l’enfant que j’étais et qui faisais connaissance avec l’immigration interne en pays Chaoui où mon défunt père perpétuait le métier de la forge vivant en harmonie avec les paysans dont il partageait le misérable sort. Aïn Fakroun m’apprit la dure réalité d’une vie loin de la mère, de la guerre avec tous ces cadavres jonchant le sol et qu’on devait enjamber pour aller à l’école où on nous enseignait les valeurs des autres, les bagarres interminables avec les enfants de notre âge, les vexations dues à nos origines,  les engelures causées par le dur froid  des hauts plateaux. Cela avant de rejoindre à l’indépendance la capitale après le décès de mon père où je fus accueilli par un parent vivant péniblement de son petit salaire dans un minuscule appartement que je partageais avec une douzaine de personnes de ma famille.

    Un paradoxe avec les conditions de vie de mes camarades de l’école primaire puis du collège de Hydra qui contrastaient nettement avec celles dans lesquelles nous vivions en promiscuité. Mais c’était là où je fis connaissance avec un autre modèle de vie, une société qui me révéla  encore  plus combien était grand le fossé qui me séparait de ces enfants de grosses fortunes vivant dans des villas cossues. Des fils de personnalités du monde des arts et culture, de la politique….
    La mort de mon géniteur m’obligea à m’orienter vite dans la vie active. L’enseignement était la seule solution pour l’adolescent que je fus et que je rejoignis à 18 ans à peine. Et c’était parti pour une longue et ingrate carrière de 38 ans, végétant dans des écoles perdues d’un extrême à un autre de Kabylie où j’ai assumé les fonctions de directeur d’école à 18 ans à peine. Un métier que j’ai embrassé avec une passion dévorante et qui s’est traduit par la réussite de l’écrasante majorité des élèves dont j’avais la charge.

    C’est avec la même passion que j’ai mené de pair une autre mission de service public consistant dans l’exercice des fonctions  de journaliste notamment dans la presse de proximité, au sein d’un grand quotidien national d’information puis dans le site du Bouzeguene Post où nous nous efforçons de rapprocher notre diaspora de sa source originelle, rendant le sourire aux uns et apportant aux autres le soleil qu’ils n’ont pas dans leur pays d’accueil devenu un pays d’écueils.  La satisfaction que j’en ai tirée est grande du fait de l’impact produit aux doubles plans économique et social pour nos citoyens et villages dont les préoccupations quotidiennes sont portées à la connaissance des pouvoirs publics qui, interpellés,  y répondent souvent dans l’urgence.

    Hamid, qui fut un élément très actif dans l’animation de la vie culturelle de Bouzeguene nous a plongés aux sources de la nostalgie.Il nous a rappelés aux bons souvenirs des fêtes scolaires qu’on a animées avec nos camarades dont certains comme Smaîl Aliane et son frère Abdenour ainsi que Mohand Arezki, ne sont malheureusement plus de ce monde.Dans le mini orchestre, je jouais le rôle important de percussionniste comme drabji, passion née de mes contacts avec quelques jeunes jouant dans des orchestres de chaabi, Ce savoir-faire a été développé  durant les fêtes de mariages que nous animions en été , recourant au génie de Abdenour qui conçut un ampli de fortune avec des fils électriques branchés sur une radio, étant quasiment le seul à jouer de cet instrument dans toute la région d’Azazga et Bouzeguene, j’eus l’insigne honneur d’accompagner lors de quelques galas les idoles de la chanson kabyle que furent Aït-Menguellet et Aït-meslayene ( alors en rivalité artistique à l’image de Johnny Halliday et Antoine à l’époque), Kaci Abderrahmane , en concert dans la région.

    De ces mémorables kermesses aux écoles d’Aït- Salah et de Houra dont les élèves de l’époque sont  aujourd’hui des grands parents, on retient cette fraternité et ces amitiés qui régnaient dans ces montagnes autrefois fières et altières. Avant cela, on a évoqué, sur insistance du journaliste de Radio Gazelle, notre douloureuse expérience de malade ( qui se poursuit encore malheureusement) mettant en avant le courage qui doit animer le patient durant sa dure épreuve et la nécessité de ne jamais abdiquer sachant que le mental compte beaucoup dans les chances de guérison. Selon Hamid, de nombreux auditeurs, dont un malade opéré du foie, sont intervenus pour dire leur satisfaction quant à cette émission qui a provoqué l’émotion et les sentiments humains.
    Salem Hammoum

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