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Absence d’infrastructures sportives et culturelles à BouzeguÈne Quotidien d’une jeunesse livrée à l’oisiveté

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    Dans de nombreuses localités de la wilaya de Tizi Ouzou, voire à travers le territoire national, les jeunes, diplômés ou non, se retrouvent à végéter à longueur de journée.

    “Notre commune est à la traîne. Nous n’avons ni stade communal, ni club sportif, ni bibliothèque et par-dessus tout nous n’avons pas de travail. Notre commune n’a que des cafés et des pierres pour nous asseoir le long des trottoirs. Est-ce une vie ça ?”

    Le jeune qui décrit ainsi son quotidien n’est pas un chômeur quelconque. Jugurtha est âgé de 24 ans mais il a déjà un diplôme de master 2 en automatisme et informatique industrielle.

    Comme lui, ils sont nombreux, garçons et filles, à Bouzeguène à se retrouver face à un avenir sombre ou “coincés dans l’impasse de la vie”, comme aime à le répéter Siham, une autre universitaire fraîchement diplômée qui est venue grossir les rangs de cette frange de “chômeurs de luxe” abandonnés à leur triste sort.

    À Bouzeguène, comme dans de nombreuses localités de la wilaya de Tizi Ouzou, et même de tout le territoire national, les jeunes, diplômés ou non, se retrouvent chaque jour et chaque soir en petits groupes à errer dans les cafés, trottoirs et commerces.

    Leurs regroupements se prolongent même jusqu’à des heures tardives de la nuit. Depuis le début de la pandémie, la situation a encore empiré. “La Covid-19 est venue anéantir mon espoir de trouver un emploi. Aujourd’hui je me contente de chercher de quoi occuper mes longues et ennuyeuses journées”, lâche Yazid, un de ces jeunes livrés à l’oisiveté et à la mal-vie.

    Pis encore, à ces cohortes de jeunes sont venus s’ajouter même les plus jeunes. Ceux-là sont pour la plupart scolarisés mais, faute d’école, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes, et surtout à la menace de toutes sortes de fléaux. “Je n’arrive plus à retenir mon fils à la maison.

    Avant, il allait à l’école, mais quand il rentrait à la maison, il était très fatigué et saturé. Il ne sortait que rarement. Maintenant, sans travail scolaire ni activité utile et instructive, il est tout le temps dehors, car il regorge d’énergie induite par l’inactivité et la fermeture de l’école”, s’inquiète le père d’un lycéen.

    Comme tant d’autres communes, Bouzeguène, une contrée pauvre, n’a rien à offrir à ses jeunes à part quelques terrains matico. Sans stade communal ou complexe sportif digne de ce nom, les jeunes n’ont pratiquement aucun choix.

    Dans certains villages, en dépit de la crise sanitaire, des pères de famille, parfois victimes de licenciement ou de mise au chômage, se sont vus contraints de mettre la main à la poche pour la réalisation d’aire de jeux pour leurs enfants.

    Pour pratiquer un sport de haut niveau ou jouer dans un club de performance, de nombreux jeunes ont dû quitter la région de Bouzeguène. “C’est ça ou rien !”, nous répond un professeur d’éducation physique. Car Bouzeguène ne dispose ni de stade ni de club communal. Toute tentative de création d’un club communal de football est vouée à l’échec.

    En 2016, le projet de réalisation d’un stade communal au lieudit Azaghar, à proximité de l’ex-décharge, a été lancé, malheureusement il a été vite bloqué par un groupe de villageois. Ce projet de mini complexe sportif, longtemps réclamé par les jeunes, ne verra jamais le jour.

    Inscrit au titre de projet sectoriel pour une autorisation de programme d’un peu plus de cinq milliards de centimes, il devait être revêtu en tartan synthétique de dernière génération et être doté de toutes les commodités pour recevoir même des clubs professionnels désireux d’effectuer des préparations ou pour l’organisation de matchs amicaux. Un rêve qui a fini par s’évaporer.

    Aujourd’hui encore, sur un mur de la mairie, précisément sur le tableau réservé à l’affichage des campagnes électorales, on peut lire un graffiti : “APC, fais-nous un stade !” Une demande à laquelle les onze présidents d’APC qui se sont succédé à la mairie de Bouzeguène n’ont malheureusement jamais répondu.

    En attendant, les jeunes jouent au foot dans des stades matico, plus adaptés pour les disciplines de hand ou de basket, sinon dans la rue. Même le complexe sportif de proximité (CSP) dont les travaux ont été lancés en 2003 pour un délai de réalisation initial de 30 mois, et qui n’a finalement été “livré” qu’en 2012, n’est toujours pas totalement achevé.

    Abandonné à la nature, en pleine montagne, sans route, sans eau, sans électricité, sans entretien et sans responsables, le CSP n’a jamais servi les jeunes de la localité.

    Pis encore, depuis 2018, ce centre est transformé en base de vie pour les entreprises chinoises, turques et Cosider, titulaires des marchés du pôle urbain (hôpital et logements).
    KAMEL NATH OUKACI-liberte-algerie

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