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Aït Zikki : «De l’eau dans le gaz»

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L’absence de communication dans la commune d’Aït Zikki, à environ 80 km au sud-est de Tizi Ouzou, et le bruissement de quelques anicroches, entre des villageois de cette localité (Mansoura) et ceux de villages voisins (Sahel et Takoucht), dans la commune de Bouzeguene, autour notamment de «blocages» de l’eau potable par les premiers et la «réciprocité» par les seconds pour le projet de gaz naturel suscite de légitimes inquiétudes.sans-titre-1_2616583_465x348

Face à cette tension planant depuis des mois dans la contrée, nous diront des élus de l’opposition (RCD) à l’APC d’Aït Zikki, ces derniers ont saisi, par écrit, le président de l’APC, avec copies au chef de daïra de Bouzeguène et au wali de Tizi Ouzou.

Dans ce document, daté du 22 juin, ses rédacteurs sollicitent la convocation d’une session extraordinaire de l’APC en vue de débattre sur l’urgence de dénouer une «situation des plus inquiétantes» relative à l’opposition du transport de gaz vers Aït Zikki et à celle de l’acheminement de l’eau de la source naturelle Tala Bwada (Mansoura) vers Sahel et Takoucht (Bouzeguene).
Cette tension est due, selon Belkacem Boudjemaï, élu à l’APC d’Aït Zikki, à «l’absence de prise en charge sincère du problème par les autorités locales». «Nos autorités sont interpellées à convoquer une session extraordinaire d’urgence pour y trouver un règlement juste et définitif», dit-il.

Le maire d’Aït Zikki, Boualem Moussaoui, nous dira, à propos de l’AEP, que la vallée de la commune voisine de Bouzeguene est alimentée à partir de captages de sources naturelles d’Aït Zikki, notamment de la grande source appelée Aderdar. «Des captages existent de part et d’autre, et pour le moment, c’est largement suffisant pour tout le monde. La source du village Mansoura, dite Tala Bwada, dont le débit est important, a été captée en 1978 et alimente depuis les 3 villages Mansoura (Aït Zikki), Takucht et Sahel (Bouzeguene). Cependant, la conduite actuelle est vétuste et pour cela un bureau d’études a été sélectionné et un programme de réfection de la conduite en PHD, dans le cadre sectoriel, allait se réaliser, si ce n’est l’éclatement du malentendu entre les villageois de Mansoura et ceux de Takoucht et Sahel. Nous leur avons proposé une répartition équitable de l’ensemble de la source d’eau dès l’amont pour toute la population des trois villages voisins».

Appelant tous les citoyens à venir travailler pour l’intérêt commun, le maire indique avoir proposé au ministre de l’Hydraulique «la réalisation d’une retenue collinaire d’une capacité de 600 000 m3 d’eau, un projet qui aurait pu éradiquer toute forme de crise en la matière pour l’ensemble de cette contrée. Le ministre était favorable, d’autant que cette retenue est tout prête naturellement.

Mais il n’y a pas eu de suivi, malheureusement», dira en conclusion M. Moussaoui. Tarik Rabia, le président du comité de Mansoura, indique que la répartition actuelle de Tala Bwada, seule source d’eau du village, offre respectivement, suivant le nombre d’habitants de chaque village, l’équivalent de 220 litres/jour par habitant pour Sahel et Takoucht (Bouzeguene), alors que ceux de Mansoura (Ath Zikki), n’ont droit qu’à 100 litres/jour par habitant. Donc, il y a un déséquilibre à rétablir, d’autant que nos voisins des deux villages possèdent localement d’autres sources importantes, telles que celles d’Aghenjor, dont le débit équivaut à celui de Tala Bwadda, de Laïnçar Ath Ahmed, du lieudit Hidjeb (Sahel).

Le maire de Bouzeguene, Mourad Bessaha, nous dira : «Il faut que nos concitoyens d’Ath Zikki sachent qu’il n’y a aucune opposition de la part des villageois de Bouzeguene à l’encontre du passage du gazoduc devant les alimenter en gaz naturel. C’est un problème qui ne se pose même pas. Il faut reconnaître que 80% du linéaire du gazoduc sont passés sur le sol de Takoucht, où des habitants ont sacrifié leurs parcelles de terre pour permettre le passage de ce gazoduc. Depuis la semaine passée, on a instruit l’entreprise à reprendre les travaux, donc la situation est débloquée et nos voisins d’Aït Zikki doivent savoir qu’il n’y a pas d’opposition par rapport au gaz. D’ailleurs, l’entreprise va reprendre le travail pour la pose de canalisations.

Ce qui a provoqué l’ire des villageois de Sahel et Takoucht, c’est le blocage du projet d’eau. L’hydraulique a fait une étude de répartition des conduites séparées pour chaque village. Une conduite réalisée par l’hydraulique depuis Sahel et Takoucht aboutit à Mansoura, il ne reste qu’à la raccorder à la source». Le maire ajoutera : «Le gaz est un projet national. Nous avons réglé toutes les oppositions. Et j’affirme que c’est après l’apparition du problème de l’eau que ces oppositions ont surgi. Actuellement, le projet AEP dont l’enveloppe est de 6 milliards de centimes est lancé par l’hydraulique pour les trois villages des deux communes».

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Rédaction

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