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AMAZIT FAYÇAL, LAURÉAT DE LA MÉDAILLE D’OR AU CONCOURS DES HUILES DU MONDE À PARIS “ON N’EXPORTE PLUS DEPUIS LA FERMETURE DES FRONTIÈRES”

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    L’huile d’olive Ouiza du village Ifigha, dans la daïra de Azazga, a obtenu la médaille d’or 2021 au 19e concours international des huiles du monde, organisé par l’Agence française pour la valorisation des produits agricoles. C’est la seconde consécration après la première médaille d’or obtenue en 2020. 

    Liberté :  L’huile  d’olive  “Ouiza”  vient  d’obtenir  la médaille  d’or attribuée au concours organisé par l’AVPA à Paris. Quel est votre sentiment ?
    Amazit Fayçal : Je suis très heureux de la médaille d’or que nous avons décrochée pour la seconde fois consécutive. Cela démontre, encore une fois, que la Kabylie possède la meilleure huile du bassin méditerranéen.
    La médaille d’or a été attribuée à notre huile sur la base des analyses physico-chimiques et organoleptiques qui mettent en valeur principalement le goût fruité qui la caractérise des autres catégories d’huile.

    En effet, le diplôme AVPA mentionne clairement que le produit GIC “Achvali Nath Ghobri”, de Kabylie, dans la wilaya de Tizi Ouzou, a obtenu la distinction “Gourmet” dans la catégorie des huiles “Mûr-intense” une huile au “fruité mi-vert, mi-mûr, aux arômes d’amande verte, d’amande fraîche et de menthe poivrée”.

    Avec  la  crise  sanitaire, comment  avez-vous  fait  pour  assurer  votre présence à ce concours ? 
    Cette année, on a failli rater ce concours en raison justement de la pandémie de Covid-19. La fermeture des frontières entre la France et l’Algérie, dans les deux sens, ne permettait pas la prise de  contact  avec l’AVPA, encore moins de placer notre huile dans la compétition. Heureusement, mon frère est venu en janvier dernier, j’ai pu  lui  remettre  un  échantillon, un bidon  de 5 l d’huile, pour mettre notre produit en  compétition, juste  avant la clôture du concours, prévue en février dernier.

    Cette  année,  la  compétition  a  été  rude  avec  la  participation  de  300 oléifacteurs  et  moulins  originaires  d’Italie,  de  Grèce,  de  France,
    d’Espagne, du Maroc, de Tunisie, du Portugal, etc. Grâce à notre sérieux, aux soins et à l’entretien de  nos  vergers, au  respect  des  conditions  de  récolte, nous avons réussi à perturber les pronostics et  à imposer  notre produit dans le gotha méditerranéen des huiles vierges les plus appréciées dans le marché
    européen.

    À voir les résultats de  ce  concours, quelles  places  ont  enregistré  les autres pays du Maghreb, comme la Tunisie et le Maroc ?
    Oui, en effet, les résultats communiqués ont montré un net  recul  des  huiles marocaines  et  tunisiennes.  L’Espagne  et  l’Italie, grâce  à  leur  forte participation, ont remporté de nombreux Gourmets d’or, d’argent et de bronze. L’agence  AVPA  a  noté  le  petit  nombre  des  huiles  marocaines  mais  a enregistré avec satisfaction l’arrivée importante des huiles d’Algérie qui ont décroché des médailles méritées.

    Comment s’effectue la sélection des huiles ?
    Je ne peux expliquer comment ils font, mais l’AVPA possède une équipe de dégustateurs très méticuleux sur la qualité de l’huile. Ils peuvent différencier les huiles sur des indices de qualité basés sur des arômes, des goûts, des couleurs, etc. Le jury utilise une méthodologie infaillible qui permet de distinguer une catégorie originale, propre à l’AVPA, celle des huiles au goût traditionnel qui se basent essentiellement sur la qualité “organoleptique”, c’est-à-dire qui affecte les organes des sens, goût, odorat, etc.

    Où en êtes-vous avec votre contrat d’exportation d’huile “Ouiza” conclu dernièrement avec la société d’investissement et d’exploitation Nawal Amazit (Siena) France, basée à Argenteuil ?
    Il est totalement bloqué depuis plus d’un an à cause de la crise sanitaire. Le transport aérien  et maritime est totalement à l’arrêt. Je dispose, en instance, de plus de 5000 l  d’huile  vierge  en  stock, et  aujourd’hui  je  ne  sais  plus comment l’écouler.  Pour l’exporter à l’étranger, les accès sont tous fermés et, localement, on n’en veut pas de cette huile  vierge à cause de son goût amer et piquant à la gorge.

    Avez-vous  connaissance  des  autres  huiles  algériennes  qui  ont  été primées ?
    Oui, il y a une médaille d’or pour la Sarl El-Kseur de Béjaïa pour son huile au “Fruité mûr”. Une médaille d’argent a été aussi obtenue par l’huile Sophonis de Jijel et enfin “Arbaolive” de Blida qui remporte une médaille d’argent dans la catégorie “Mûr moyen”.

    Comment arriver à rivaliser avec les autres pays de la Méditerranée dans le domaine de la production et de la vente de l’huile d’olive ?
    Pour le moment, on est encore loin du compte. Pour rivaliser avec nos voisins maghrébins et les pays du sud de l’Europe, il faut une volonté politique. Nous avons une très bonne qualité d’huile, bien meilleure que celle des autres pays.

    Elle est reconnue comme une huile pure, sans mélange, contrairement aux huiles des autres pays introduits dans le marché international depuis des années. Hormis les conseils qu’on nous donne de temps à autre dans les séminaires de formation, pour le reste, c’est nous qui faisons tout.  Malgré la grande qualité de nos produits,  en matière d’expérience, nous avons encore du retard pour rattraper les pays du bassin méditerranéen.
    Propos recueilli par : KAMEL NATH OUKACI-liberte-algerie

    photo-Arezki Mensous

     

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