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Bourse Ellen AuerBach de l’académie des arts de Berlin La “résistance culturelle” de Ferhat Bouda primée

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    Cette distinction vient auréoler le pari quelque peu inespéré du jeune photographe : raconter en photos la vie des Berbères du Maghreb. “J’admets que mon projet s’inscrit dans une démarche de culture en résistance”, a-t-il expliqué .

    Natif du village de Wizgan, dans la commune de Bouzeguène, Ferhat Bouda s’est illustré, le 13 août dernier, en décrochant la bourse Ellen AuerBach de l’Académie des arts de Berlin, en Allemagne. Cette consécration permettra au photographe installé à Francfort-sur-le Main d’empocher, le 25 octobre prochain, 20 000 euros, somme attribuée à cette bourse qui consacre les meilleurs travaux photographiques.

    Le jury composé d’éminents spécialistes dans l’art de la photographie a évalué les travaux d’une centaine de participants de diverses nationalités et a estimé que les clichés photographiques du jeune Algérien, originaire des montagnes de Kabylie, “sont très caractéristiques, animés et vivants.

    Ils dégagent une réelle recherche humaine grâce à leur cadrage, leur mouvement et surtout leur couleur unie, le noir et blanc. Dans leur balayage optique, les photographies mettent en valeur la question de l’humanité, autrement dit de la vie réelle de la population berbère, peuple autochtone de l’Afrique du Nord”.

    Le nouveau boursier, inscrit, désormais, sur la liste des artistes photographes, lauréats de l’Académie des arts de Berlin a, depuis son jeune âge, mené un combat sans répit dans la défense de sa culture et de l’identité berbère. “Je ne pouvais pas rester, les bras croisés, à regarder ma langue et ma culture disparaître, par pans entiers, de l’environnement culturel et identitaire sous la poussée d’une politique effrénée de déculturation de mon pays par les tenants de l’arabo-islamisme”, a-t-il déclaré.

    C’est ainsi que grâce à ces milliers de clichés pris dans diverses régions du Maghreb et du Sahel jusqu’à l’île de Siwa, Ferhat a réussi son pari quelque peu inespéré : “En racontant en photos la vie des Berbères qui peuplent cette terre nourricière où règne la douceur de vivre, j’admets que mon projet s’inscrit dans une démarche de culture en résistance”, soutient-il. Ferhat Bouda mène ses recherches dans des pays difficiles et instables, souvent en conflits, voire très dangereux en ce sens qu’ils sont infestés de groupes djihadistes.

    Du Maroc à l’Égypte, en passant par le Mali, le Burkina Faso, le Niger, etc., Ferhat Bouda y est allé et s’est déplacé quasiment par autostop, dans certaines contrées. Au nord du Mali, précisément, où il a séjourné auprès des militants berbères de l’Azawad, Ferhat raconte fièrement cette expédition fort enrichissante à la rencontre des peuples qui, avoue-t-il, renferment, étrangement, les mêmes traditions et modes de vie qui caractérisent le peuple amazigh dans sa globalité.

    “Je tiens à réitérer mes remerciements à tous ces peuples très courageux qui m’ont reçu et accepté chez eux, m’ont ouvert leur cœur et m’ont permis de les photographier, quasiment, dans leur profonde intimité”, tenait-il à insister, non sans émettre son souhait de pouvoir y retourner et leur montrer leurs photographies et leurs vidéos sur écran de son ordinateur.

    Ferhat Bouda est né en 1976 à Wizgan, dans la commune de Bouzeguène, extrême-est de la capitale du Djurdjura. En 2000, il quitte l’Algérie pour la France où il voulait faire des études en cinéma avant de se consacrer définitivement pour la photographie.

    En 2005, il quitte la France pour s’installer, définitivement, à Francfort, en Allemagne, où il vit à ce jour. Il ne rate jamais les concours sur la photographie. Ses expositions, organisées ici et là, se transforment souvent en hypocentres d’attractions pittoresques accueillant des centaines d’adeptes de l’image et de la photo ainsi que des visiteurs curieux de divers horizons. Ses travaux lui ont permis, en 2016, d’arracher une autre consécration dans un autre concours de photographie, “la bourse Pierre et Alexandra Boulat”, en Allemagne.
    Source KAMEL NATH OUKACI-liberte-algerie

     

     

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