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BOUZEGUÈNE Quand la baguette de pain à 10 DA se fait désirer

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    Depuis plusieurs mois, les pères de famille et les ménagères éprouvent d’énormes difficultés à dénicher la baguette de pain à 10 DA dans les boulangeries du chef-lieu communal de Bouzeguène. Dès le petit matin, des chaînes interminables se forment devant les boulangeries pour avoir la chance d’accéder à la “précieuse” baguette de pain.

    Parfois, au vu des nombreux clients qui attendent devant la porte, les boulangers sont obligés de décréter un rationnement à deux baguettes par personne au maximum pour satisfaire tout le monde.

    Pendant ce temps, les étagères sont achalandées, à profusion, de pain de diverses qualités aux prix quasiment inabordables pour la majorité des bourses.

    Ces variétés de pain sont proposées aux prix allant de 15 à 30 DA : des demi-baguettes de pain arrosées de quelques grains de nigelle (sanuj) à 15 DA, du pain parisien à 30 DA, du pain sur dalle à 20 DA, la baguette “supposée” d’orge à 30 DA, alors qu’elle est confectionnée de farine et “aspergée” de poudre d’orge.

    Beaucoup de citoyens font le tour de plusieurs boulangeries espérant avoir la chance de trouver la baguette de pain normal. “Depuis une heure, j’attends devant la boulangerie, comme tout le monde, la sortie de la baguette normale, mais on ne voit que le pain parisien sur les étagères. Pourtant le boulanger nous a informés qu’il y aura du pain baguette dans 20 min. On attend maintenant, depuis une heure, mais on ne voit que le pain parisien sur les étagères et moi je ne peux pas me permettre d’acheter du pain à 30 DA”, s’est plainte une mère de famille de six enfants.

    De son côté, une enseignante retraitée croit dur comme fer que les boulangers ont beaucoup de bénéfice et que la baguette normale est très rentable.

    “Je me demande pourquoi ils nous saignent avec le pain parisien à 30 DA fabriqué avec la même pâte, moins appétissant que la baguette. Le prix officiel de la baguette est de 7,50 DA, les boulangers l’ont arrondi à 10 DA”, dénonce-t-elle.

    Pis encore, ajoute l’enseignante, “durant les années 1970, les contrôleurs des prix pesaient les baguettes pour voir si le boulanger n’usait pas de magouille ou de tricherie. Aujourd’hui, au lieu d’un poids de 250 g, aucune baguette ne dépasse les 180, voire 150 g, et ils demandent l’augmentation du prix du pain.

    Les contrôleurs savent tout cela mais ne font rien”, accuse-t-elle. Ces images de chaînes devant les boulangeries sont quasi récurrentes et seul le pain dit “amélioré” est disponible.

    Las d’attendre des heures, les consommateurs sont contraints de s’approvisionner en pain amélioré disponible à profusion sur les étagères mais dont les prix crèvent profondément leurs bourses, trop maigres pour faire face à la cherté de la vie.

    De leur côté, les boulangers ne cessent de revendiquer la majoration du prix du pain, considérant qu’“ils travaillent à perte en raison de la cherté des intrants, autrement dit des ingrédients entrant dans la confection du pain et qui ont connu, selon un boulanger, une augmentation de prix, sans parler, ajoute-il, des factures mirobolantes d’électricité et des charges des ouvriers”.

    Le boulanger ajoute que “la quasi-majorité des boulangers tente de tenir le coup en proposant d’autres prestations non comprises dans le registre du commerce, notamment la production de croissants, de pâtisseries, de viennoiseries, etc., afin de ‘rentabiliser’ leur journée”.
    KAMEL NATH OUKACI-liberte-algerie

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