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D’un côté, il y a ceux qui meurent après une vie pleine. De l’autre, il y a ceux qui partent sans avoir achevé la course. Chérif Messaoudène, la quarantaine, nous a quittés le 18 avril 2010, Mhenni Amroun, 74 ans, lui s’en est allé subitement, le 19 avril 2012 et, enfin, Mohand Akli Amrouche, 65 ans, est parti le 27 avril 2014. Trois hommes de culture, un seul destin. Ils disparaîssent tous, un mois d’avril.

Après de longs mois de traitements lourds pour guérir de sa méchante maladie, Cherif Messaoudène qui présidait le Cercle culturel « Iguelfane » du centre culturel Ferrat Ramdane de Bouzeguene, nous a quittés le 18 avril 2010 après avoir lutté et combattu avec courage contre son mal.

Son enterrement a eu lieu, le lendemain, 19 avril, au cimetière de son village, à Ait Ikhlef. Malgré la souffrance et le lourd traitement qu’il avait subi, il était paru très courageux et combatif, mais le destin a voulu qu’il nous quitte. Bouzeguène se souviendra de Cherif pour ses actions dans le domaine culturel parvenant, grâce à l’association qu’il présidait, à faire rayonner le centre culturel pour lui donner une dimension nationale, grâce à cette pléiade d’auteurs, d’écrivains, d’historiens, de révolutionnaires…de renom qu’il avait fait venir à Bouzeguène.

Mhenni Amroun, dit Mhenni Ath Ouamarouche, illustre chanteur, auteur, compositeur et interprète, nous a quittés un certain 19 avril 2012 à l’âge de 74 ans. Mhenni Amroun, icône de la chanson, du théâtre et du cinéma, demeure et restera une des voix les plus pures de la chanson kabyle. La simplicité de Mhenni, décédé d’un arrêt cardiaque, a fait de lui un des artistes kabyles les plus aimés. L’auteur de « A Jedjiga», «Ines I Aziza» et de la chanson «Thchekardhiyid jedik» a inscrit son nom en lettres d’or dans le patrimoine artistique kabyle et algérien, créant un style unique, sculpté autour de mélodies simples et de textes devenus des chefs-d’œuvre poétiques.

Mhenni fut donc un artiste qui a fait de la culture kabyle sa raison de vivre. Il fut l’un des premiers à oser produire une chanson engagée durant les dures années de plomb de 1970, à l’image de «Thchekardhiyid jedik».

Tous les artistes lui reconnaissent, aujourd’hui, ce courage. Lors des hommages qui lui ont été rendus en avril 2013 et avril 2014, ce sont des dizaines d’artistes kabyles de renom, qui ont rallié le village de Bouzeguène (Wizgan) pour se recueillir sur sa tombe et pour lui reconnaître tous les mérites pour son talent, son immense connaissance du patrimoine ancestral amazigh et son extraordinaire parcours culturel dans la polyvalence des rôles (comédien, chanteur, acteur, producteur, compositeur et interprète ) que lui seul pouvait tenir.

Mhenni est certes mort, mais il nous revient, chaque jour, à travers le petit écran, pour nous réveiller et nous tenir compagnie, comme au bon vieux temps de sa vie.

Le poète Mohand Akli Amrouche, dit Mohand Akli Ath Amara, nous a quittés le 27 avril 2014, à l’âge de 65 ans.

Mohand Akli fut un homme très sage, un poète engagé et un proche des pauvres et des opprimés. Juste après sa mort, on découvrit dans son domicile, au village de Wizgan, un décor sobre : une petite table, un cahier d’écolier, quelques feuilles éparses, un stylo et deux bobines d’enregistrement de ses poésies. L’auteur de [i]« Anefthagh Anechnou », « Thayri n tmazight », « Nek dh amazigh », « Achou gueran aqchich dh adarwich »…etc. est un fabricant de paroles et de ritournelles de poésie qu’il travaille méticuleusement.
Lors des vingt dernières années de sa vie, Mohand Akli s’est replié sur lui-même. « La culture est aux abois, dit-il, le monde est, aujourd’hui, dominé par l’argent et le profit. ».Il s’est éclipsé pour méditer ; il est, malgré tout, resté attaché à la cause berbère qu’il défendait bec et ongles, jusqu’aux derniers jours de sa vie. Il repose, désormais, au cimetière du village.

En ce triste souvenir de la disparition des ces trois artistes, les familles des défunts, leurs proches, leurs amis, le bouzeguenepost, les journalistes de Bouzeguène qui les ont tant côtoyés, encouragés, accompagnés dans leurs parcours, demandent à tous ceux qui les ont connus, aimés et appréciés, d’avoir une pieuse pensée en leur mémoire et de prier Dieu Le Tout-Puissant, Le Miséricordieux de leur accorder Son pardon et de les accueillir En Son Vaste Paradis.

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