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Commune d’Idjeur : Ighil Boukiassa, le village martyr

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    Le 11 novembre 1956, l’aviation coloniale détruisait le village Ighil Boukiassa, tuant 31 hommes et 10 femmes.

    La population d’Ighil Boukiassa, village de la commune d’Idjeur, dans la daïra de Bouzeguène, à une soixantaine de kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, à commémoré vendredi dernier le 58e anniversaire de la destruction de leur village par l’aviation de l’armée coloniale.

    La population réunie hier se souvient bien de ce triste épisode qui a vu toutes les modestes habitations de ce village rasées par une pluie de bombes et cela juste pour punir les villageois de leur soutien  aux combattants de l’armée de libération nationale.

    Le village a payé un lourd tribut ce 11 novembre 1956 avec 41 chouhada (31 hommes et 10 femmes) qui se sont sacrifiés pour un idéal de liberté et d’indépendance. Le destin héroïque des villageois d’Ighil Boukiassa est à marquer d’une pierre blanche. Les habitants ont été, la veille du bombardement, sommés par l’armée coloniale de quitter leurs maisons avec leur maigre bien, dans un ultimatum n’excédant pas les deux heures. C’est la course contre la montre.

    Certains, ceux qui n’ont rien à prendre, ont dû juste trainer leurs chèvres et leurs enfants. Ils entendaient, de temps à autres, des coups de sommations de l’armée coloniale. Cela, bien sûr, entraine encore davantage de panique au sein de la population qui, trop souvent abandonne presque tout, pour éviter d’être surprise par un largage surprise de bombes par l’aviation.

    En début d’après midi de cette journée noire, l’opération de guerre commença.

    Les vrombissements des moteurs des avions atteignaient les lointaines contrées. Les avions survolaient le village en rase-motte en larguant leurs bombes qui n’avaient aucune peine à détruire des ilots entiers de maisons. Au loin, les habitants qui ont un autre souci, celui de trouver refuge à travers les villages voisins. Ils sanglotaient dans la dignité, la destruction de leur village qui, à l’issue du bombardement, est réduit à néant.

    Le village d’Ighil Boukiassa, devenu village fantôme, est resté abandonné jusqu’à l’indépendance. C’est pour se rappeler de ce drame qui a frappé les habitants, que le comité du village et l’association culturelle «Aneffougue» d’Ighil Boukiassa, ont concocté un programme pour  commémorer cet événement. Toutes les tombes des chouhada qui sont tombés au champ d’honneur au niveau de tout le territoire de la commune ont été recensées et le sol défriché pour permettre aux familles de se recueillir à la mémoire des leurs. La place du village qui a été baptisée pour la circonstance «Place du 11 novembre 1956», a été décorée aux couleurs de l’emblème national.

    Des dizaines de femmes déclamaient depuis la matinée des chants révolutionnaires et des youyous fusaient en vagues. La présence de nombreux moudjahidine, des autorités locales, de l’association nationale des pupilles de la nation et des nombreux invités, a donné lieu à de vibrants témoignages. Un recueillement eut lieu devant le monument des martyrs du village.

    Kamel Kaci-Liberte
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