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Daïra de Bouzeguène : quelles solutions pour la pénurie d’eau ?

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    Les pénuries d’eau qui caractérisent, chaque année, les villages de la daïra de Bouzeguène, à une cinquantaine de kilomètres, à l’est de Tizi-Ouzou, semblent s’installer dans la durée tant les solutions urgentes et appropriées sont loin d’être envisagées à court, voire même à moyen terme. Avec des pénuries d’eau enregistrées cette année même en hiver malgré ses crues d’eau et ses inondations, les habitants de Bouzeguène appréhendent, d’ores et déjà, une saison estivale difficile. Il y a environ deux mois, en pleine tempête de neige, un glissement de terrain a  emporté tout un tronçon de la conduite principale d’eau de la chaîne d’Aderdar, entrainant une rupture d’alimentation d’une partie de la population, pendant près de dix jours.7zq6bh4ed4_file       

    L’été dernier, si certains quartiers ont été carrément privés d’eau durant toute la saison estivale, d’autres devaient attendre deux à trois semaines pour espérer un petit filet d’eau aux environs de trois heures du matin. Les citoyens de la daïra de Bouzeguène sont tellement habitués à ces pénuries récurrentes qu’ils ne se font plus d’illusions quant à une éventuelle amélioration de la disponibilité de ce précieux liquide. Face à cette situation dramatique en matière d’alimentation en eau potable, les citoyens de Bouzeguène s’interrogent sur la récurrence des fuites d’eau, on parle d’environ 200, visibles sur le CW 251, depuis des années et qu’on n’arrive pas à colmater.

    Le réseau d’eau potable enterré depuis la fin des années 1970 et qui côtoie le réseau d’assainissement, est entièrement corrodé depuis la source jusqu’aux villages et les vannes sont toutes «grippées», tournant dans le vide. Le réseau de distribution de Bouzeguène est obsolète. Selon nos sources, plus de deux cent maisons, situées dans les villages de Houra, Aït Ferrach, Ihitoussène et Bouzeguène centre sont bâties dangereusement sur la conduite principale et certains habitants n’ont pas hésité à piquer la conduite principale au vu au su de tout le monde.

    Les responsables de l’ADE qu’on accuse à tort ou à raison de mauvaise gestion, évoquent chaque fois l’insuffisance de l’eau pour satisfaire toute la population. Comment alors mettre fin au piratage illicite de la conduite principale et aux inégalités dans la répartition d’eau entre les villages, ceux situés en amont et ceux situés en aval ? Comment obliger les villages qui ne paient pas l’eau à s’acquitter de leurs factures ? A qui profite le camion citerne de l’ADE qui dessert gratuitement certains ménages alors que d’autres achètent des citernes d’eau à 1500 et 2000 DA l’unité? La daïra de Bouzeguène qui souffre le martyre des pénuries d’eau, s’est vue, malheureusement exclue de l’alimentation à partir du barrage de Taksebt.

    Selon une source proche de l’APW de Tizi Ouzou, l’alimentation de la daira de Bouzeguène se fera à partir du barrage de Sidi Khelifa qui sera construit à Azeffoun et dont les travaux ne sont même pas lancés.
    A Bouzeguène, l’ère des jerricans et des citernes va encore perdurer.

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      Kamel Kaci

      L'auteur Kamel Kaci