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Elles travaillent depuis des années à l’APC de Azazga : Les employées du Dais en grève

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    Menacées chaque année de rupture de contrat sans aucun droit à la retraite et aux assurances sociales, ces employées qui travaillent dans un régime horaire identique à celui des employés titulaires, mais avec un salaire mensuel misérable de 5000 DA, ont décidé d’aller jusqu’au bout pour arracher leurs droits.

    Les 74 employées du Dais (dispositif d’insertion sociale) de la commune de Azazga (wilaya de Tizi Ouzou) ont entamé une grève depuis sept jours pour réclamer leurs droits à un travail et un salaire dignes.

    Menacées chaque année de rupture de contrat sans aucun droit à la retraite et aux assurances sociales, ces employées qui travaillent dans un régime horaire identique à celui des employés titulaires, mais avec un salaire mensuel misérable de 5000 DA, ont décidé d’aller jusqu’au bout pour arracher leurs droits.

    “Si nous avons accepté de travailler avec un salaire misérable comme celui que nous percevons aujourd’hui, c’est parce que nous n’avons rien pour nourrir nos enfants et parfois même nos maris qui ne travaillent pas. Quand la misère nous poursuit quotidiennement, nous sommes dans l’obligation de trimer et d’accepter l’exploitation. Aucun pays au monde n’adopte une telle mesure”, martèle une employée gréviste qui totalise 21 ans d’expérience dans ce misérable dispositif. Une autre femme qui, elle, totalise 18 ans en plusieurs contrats, avec une famille à charge de cinq enfants, ne mâche pas ses mots. “Avec 5000 DA par mois, l’équivalent de 25 euros en France, c’est la cour internationale des droits de l’homme qui devrait s’impliquer contre les inégalités, avec des députés qui touchent 30 millions par mois et qui n’ont jamais défendu nos droits.

    C’est une honte pour nos responsables !”, fulmine-t-elle. Sur les murs de l’APC fermée avec la solidarité de tout le personnel de la mairie, des affiches qui en disent long sur le mal qui ronge les protestataires sont placardés. “Nous en avons marre de l’esclavage des temps modernes”, “Nous voulons être acceptées comme des êtres humains” ou encore “Nous exigeons notre intégration pure et simple et la reconnaissance des années d’activité, le droit à la retraite, aux soins comme tous les Algériens”, lit-on sur ces affiches. Contacté par nos soins, le maire de Azazga, M. Benadji, s’est dit solidaire des grévistes.

    “Sans les femmes du dispositif Dais, l’APC ne pourrait pas fonctionner. Nous leur assurons toute notre solidarité”, soutient-il. À noter que des employées de ce dispositif Dais dans de nombreuses communes de la wilaya sont aussi montées au créneau pour revendiquer les mêmes droits. Mme Zafane Saliha, employée depuis 10 ans à la polyclinique d’Irdjen, regrette elle aussi ce déni des responsables. “Je suis chargée de la gestion de la pharmacie de la polyclinique d’Irdjen depuis 10 ans. Je suis soumise au pointage mensuel que je dois déposer à la DAS pour être payée. Aucune considération depuis le décret d’intégration de Bedoui et ça continue avec Djerad. Quand on travaille, on mérite un salaire et non une bourse de solidarité qui est attribuée à celles qui restent à domicile. Nous exigeons un décret urgent de régularisation qui nous accorde tous nos droits à la retraite avec effet rétroactif”, a-t-elle indiqué.

    KAMEL NATH OUKACI

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