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Une quarantaine de fêtes locales sont organisées chaque année dans la wilaya de Tizi Ouzou. Initiés par des acteurs locaux et soutenus par les pouvoirs publics, ces événements culturels et agricoles aident à insuffler une nouvelle vie dans les villages. Il s’agit aussi d’une belle opportunité d’échanges pour la promotion et la vente des produits du terroir et faire connaître la spécificité de chaque région. Durant cet été, la direction du tourisme et de l’artisanat annonce la tenue d’une trentaine de manifestations dans nombre de communes, dont Bouzeguène, Ath Yenni, Illoula Oumalou, Aït Bouadou, Frikat, Ouaguenoun.

Ces fêtes et festivals sont dédiés, entre autres, au tapis, au bijou et à la robe berbères, la poterie traditionnelle, la forge, le burnous, l’huile d’olive, le miel, le lait, les plantes médicinales, la figue et la cerise. Selon le directeur du tourisme et de l’artisanat, ces manifestations, qui font l’objet d’intenses préparatifs dans les bourgades concernées, visent à préserver le patrimoine local et à créer une véritable dynamique sociale, économique et culturelle dans ces territoires. A leur lancement au début des années 2000, ces fêtes régionales bénéficiaient de l’aide de l’Assemblée de wilaya (APW) pour couvrir les frais liés à l’organisation de ces événements qui suscitent un engouement populaire. En 2018, l’instance présidée par Youcef Aouchiche a financé une vingtaine de fêtes artisanales, à hauteur de 500 000 DA chacune.

Pour les initiateurs de ces festivals, l’apport des autorités locales paraît dérisoire pour l’organisation d’un événement s’étalant sur plusieurs jours et accueillant des dizaines de participants. Devant le tarissement des subsides publics, les associations et les comités de village sont amenés à solliciter d’hypothétiques sponsors. Lors de l’édition 2018 de Raconte-Arts, qui a eu lieu à Tiferdoud (Aïn El Hammam), la commission d’organisation du festival a reçu et examiné plus de 1000 dossiers de projets, mais n’en a accepté que 420, dont 100 étrangers, faute de moyens conséquents pour accueillir tout le monde. A Frikat (Draâ El Mizan), la fête du couscous, célébrée depuis 2010, ne se tient plus depuis l’année dernière à cause du manque de ressources financières.

Malgré leur grande volonté de donner une autre dimension à ces initiatives citoyennes, les associations peinent à en assurer la pérennité. Arezki Chenane, docteur en économie et professeur à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, estime qu’il est temps de «procéder à l’évaluation de l’impact de ces fêtes pour permettre d’élaborer une stratégie cohérente en mesure d’inscrire ces festivités dans une optique économique pouvant avoir des retombées positives, surtout pour les producteurs et les professionnels (entrepreneurs, artisans, artistes, commerçants, associatifs….)». Selon lui, la dynamique du développement territorial, via les fêtes locales, ne doit pas être pensée de façon unilatérale.

 Ahcene Tahraoui-elwatan

 

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