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La dernière interview réalisée par Salem Hammoum à Azazga avec………….Farid Ferragui

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Interview de Farid Ferragui  par notre ami Salem Hammoum. Cette interview est la dernière réalisée par notre collègue, il meurt le lundi

-AUX LECTEURS du «BOUZEGUENEPOST » : « Je vous aime ! »-|

On a subrepticement rencontré le chantre de la chanson Kabyle sentimentale Farid FERRAGUI , le rossignol de Kabylie, lors du colloque sur TAMAZIGHT à Azazga. Sans détours, il a accepté d’accorder à notre site un entretien express réalisé en marchant du centre commercial Djabellah au centre culturel d’Azazga. Suffisant pour dire les choses venant du cœur à des gens de cœur. Également journaliste, Farid Ferragui fait, sans pédantisme aucun, étalage d’éloquence pour satisfaire nos lecteurs.

Le Bouzeguene Post :- heureux sont nos lecteurs d’échanger, par notre intermédiaire, avec le chantre de la chanson Kabyle sentimentale que tu es. Ton sentiment ?

Farid Ferragui :- Merci de me placer à ce niveau de la hiérarchie des artistes. Je suis doublement honoré d’abord de communiquer avec les lecteurs de votre site, ensuite de saisir cette occasion pour rendre hommage aux gens de la presse qui, comme vous, font beaucoup pour notre culture.

-Tu es l’exception qui confirme la règle avec cette spécificité que tu rallies à ton art toutes les couches de la société et aussi bien les hommes que les femmes. Un secret ?

-Le seul secret , c’est que j’ai toujours été honnête avec moi-même et avec ceux qui écoutent mes chansons. Je n’ai jamais menti ni trahi personne en 34 ans de carrière. L’honnêteté se paye… Je sais que je suis aimé et j’en suis comblé. Cette reconnaissance du public et cette connivence me touchent beaucoup.

– Comment conçois-tu tes chansons ?

– C’est à peu près comme dans le journalisme : Je me laisse aller et mon intuition fait le reste. Je fonctionne comme un journaliste. Je ne calcule pas. Je suis comme ça je n’ai pas de règles musicales. Je laisse la nature parler. C’est la meilleure interprète de la vie. Cela étant, j’ai fait un peu de solfège mais je fais confiance à ma guitare et à mon intuition musicale. Je laisse mon cœur parler. Il y a le cœur à cœur qui fonctionne.

-On te compare à Farid El Atrache , cette icône de la chanson orientale dont on dit que sa musique et sa voix t’inspirent ?

-Heureux d’être comparé à ce monument de la chanson orientale. Sauf que moi, je m’inspire de mon environnement et m’exprime dans ma langue. J’aime bien ce que faisait Farid et ses œuvres resteront pour la postérité.

– Mais tu subis l’influence orientale dans ta musique et ta façon de t’émouvoir ?

– Il faut penser Universel. On ne doit pas taxer les artistes selon à qui ils ressemblent. Avec la mondialisation qui a balayé les frontières entre les peuples, il faut toujours trouver le moyen de défendre son identité et ses racines. Ce qui ne nous dispense pas de nous ouvrir aux autres . C’est stigmatiser les autres que de dire que nous sommes des orientalistes. Même Cherif Kheddam n’a pas été épargné par la stigmatisation. Le temps a finalement donné tort à ceux qui l’ont taxé.

-Il ne s’agit pas de stigmatisation, mais d’influence musicale et chaque artiste en a consciemment ou inconsciemment.– Je comprends mais certains le font sciemment pour taxer les chanteurs qui ne font pas comme eux.

– Des projets en vue ?

– Musicalement, je n’apporte pas de nouveauté. Je m’en tiens à mon style. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Je ne fais que ce que je ressens.

– Un message ou une pensée à ceux qui t’ ont connu à l’école normale ou ailleurs comme Djaoui El Hachem ton ami, qui aiment tes chansons et dont beaucoup ne sont plus là comme feu Aliane Abdenour pour lire tes réponses eux qui vouaient à ton art un respect quasi-sacerdotal ?

– Oui. Les années de l’école normale sont les meilleures de ma vie. Certains compagnons de cette institution ou d’ailleurs ne sont hélas plus là et Dieu sait combien je suis touché par leur départ vers les cieux. C’est après la séparation qu’on mesure la générosité et la valeur des gens dont on ne se rend pas compte de ce qu’ils nous apportent quand ils sont là. Moi-même j’en ai bavé. Vivants, ils ont beaucoup apporté à ma carrière. Et quand je revois ceux encore en vie, je redeviens moi-même.

– Le mot de la fin pour nos lecteurs ?

– Dis-leur que je les aime !

Entretien réalisé par Hammoum Salem

Mots clés : Une
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