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La qualité de l’huile d’olive en question

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Ahcène Tahraoui
Ahcène Tahraoui

Des universitaires mettent en cause les conditions de production et de stockage de l’huile d’olive.

Le stockage des olives et l’extraction de l’huile dans la wilaya de Tizi Ouzou ne se font pas selon les normes du Conseil oléicole international (COI) relatives à la qualité du produit. La moitié du volume de l’huile d’olive produite localement est marquée par son fort taux d’acidité dû aux mauvaises conditions d’entreposage des olives avant transformation. Le constat a été établi par des experts universitaires lors de la Journée thématique sur l’agriculture organisée mardi dernier par l’Assemblée populaire de wilaya (APW).

«Les analyses de l’huile d’olive effectuées au laboratoire de la faculté des sciences biologiques et des sciences agronomiques de l’université Mouloud Mammeri par les étudiants en master dans la spécialité oléiculture et oléotechnie ont donné des résultats catastrophiques quant au taux d’acidité de l’huile», a déclaré Doufène Hocine, enseignant-chercheur à l’université de Tizi Ouzou.

«Les échantillons d’huile prélevés dans plusieurs daïras de la wilaya, qu’il s’agisse d’huileries modernes ou traditionnelles, présentent dans beaucoup de cas un fort taux d’acidité jusqu’à devenir impropre à la consommation (taux d’acidité supérieur dans bien des cas à 3 %).»
Plusieurs facteurs expliquent cette situation, selon le conférencier. Il cite la longue durée de stockage des olives au niveau de l’exploitation oléicole et des unités de transformation (les normes requises pour l’obtention d’un produit de qualité sont de 72 heures maximum de stockage), le non-tri des olives avant la trituration, leur stockage dans des sacs en plastique, alors qu’il est conseillé d’utiliser des caisses.

Taux d’acidité élevé

«La récolte doit se faire lorsque l’olive présente une couleur rose. Donc il est clair qu’au moment où la notion de qualité est privilégiée dans les stratégies mises en place par les industries agroalimentaires dans le monde, notre filière oléicole est loin d’appliquer les recommandations du COI relatives à la qualité du produit», constate M. Doufène. 
	Des normes de production devraient être imposées aux huileries

Pour être compétitive sur le marché mondial, l’huile d’olive doit avoir un taux d’acidité inférieur à 0,8%, note cet universitaire. Comment moderniser la filière oléicole dans la région et quelle recette préconiser pour l’obtention d’un produit de qualité ? «Il faut mettre en place une organisation entre les acteurs intervenant dans la filière, principalement les producteurs, et les industriels assurant la transformation, où ces derniers joueront le rôle de leaders de la filière.

Les industriels doivent, comme dans les filières modernes, être près des oléiculteurs en amont et s’assurer que les techniques culturales sont respectées. L’industriel doit maîtriser les apports  en olives pour atténuer la durée de stockage élevée des olives. La modernisation de la filière suppose au préalable l’organisation entre les différents acteurs», suggère-t-il.

Selon le professeur Doufène, la wilaya de Tizi Ouzou dispose d’un potentiel oléicole à même de prendre en charge la demande nationale en huiles essentielles, mais en raison de la désorganisation qui caractérise ce secteur d’activité et par manque de modernisation, la filière demeure artisanale et, par ricochet, non compétitive sur le marché international.

Ahcène Tahraoui-http://www.elwatan.com/regions/kabylie/tiziouzou/la-qualite-de-l-huile-d-olive-en-question-29-10-2015-306343_144.php
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