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Culture loisirs

L’édition : le maillon faible de la chaine du livre

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Mhend Ahwic est un boucher de profession. Il lui arrivait souvent de vendre de la viande avariée et des cadavres d’animaux comme les ânes pour s’enrichir rapidement. Quand il prit sa retraite non-méritée, pour ne pas s’ennuyer et gagner beaucoup d’argent sans fournir des efforts, il ouvrit une maison d’édition dans la capitale du Djurdjura. Le gisement est abondant. Les écrivains et surtout les poètes poussent comme des champignons. Il pourrait faire fortune.

Mhend Ahwic loue un local dans une artère principale au centre-ville de Tizi-Ouzou. Sur le fronton, il fixe une enseigne lumineuse qui porte fièrement le fameux symbole « Z » Amazigh géant et le nom de l’édition « Adlis Meskin ».

Mhend Ameghbun, naïf comme d’habitude, est sa première victime. Il déboursa 100.000 DA pour publier la prunelle de ses yeux, son roman intitulé « Targit tughal d tawaghit ».

Pendant plus d’une année, Mhend Ameghbun est assommé régulièrement par les multiples prétextes inventés par le boucher improvisé éditeur. Tantôt, c’est le papier qui manque, tantôt, c’est l’imprimeur qui a pris un congé forcé…

Après un an et demi de tergiversations et d’attentes, le livre est enfin publié. Mais, la joie de l’auteur est de courte durée. Le livre est mal imprimé, truffé de fautes, de coquilles et d’anomalies. Le soi-disant éditeur ne dispose pas de commission de lecture et de correction. Il refuse aussi de distribuer le livre.

Mhend Ameghbun s’est vu obligé de trimballer avec lui 1000 exemplaires et de les vendre aux marchés hebdomadaires le Mardi (Bouzeguène) et le Samedi (Azazga). Certains libraires refusent de vendre ses livres car il n’a pas encore acquis une notoriété, d’autres s’apprêtent à transformer leur librairies en Fast-food, activité plus lucrative.

Par Hammar Boussad

Mots clés : Une
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