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Les habitants de Bouzeguène réclament la vérité sur les disparitions de citoyens Sit-in devant le tribunal d’Azazga

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 La coordination des comités de village de Bouzeguène a organisé, hier, un sit-in devant le tribunal d’Azazga pour réclamer la vérité sur les citoyens disparus et les crimes perpétrés sur des jeunes de la région qui n’ont jamais été élucidés.
Près d’un millier de personnes originaires des 24 villages de la commune de Bouzeguène se sont donné rendez-vous devant le siège du tribunal, vers 10h, vêtus de gilets jaunes gravés au nom de la coordination des comités de villages et brandissant des banderoles sur lesquelles, on pouvait lire : “Exigeons la vérité sur nos disparus”, “Non à l’insécurité”, “Lahna thugar laghna”, “Vérités sur les crimes non élucidés”, “Respect des droits de l’Homme et des libertés”, ou encore “Non à la perte des valeurs humaines”. La manifestation s’est déroulée dans le calme devant un cordon de sécurité de la sûreté urbaine d’Azazga. Une délégation de la coordination accompagnée d’un officier de police a été reçue, pendant une heure et demie, par le procureur près le tribunal d’Azazga pour connaître les tenants et les aboutissants de toutes ces affaires ayant bouleversé la population locale qui a ressenti, depuis quelques mois, un climat de peur et d’insécurité.

Pour rappel, la région de Bouzeguène a enregistré, ces derniers mois, une série de disparitions qui ont perturbé la sérénité qui régnait dans les villages, alors que la population ne sait plus à quel saint se vouer.
Une vieille femme âgée de 90 ans, Amiar Djouhra dite “Djohra Ath Youcef”, originaire du village d’Aït Sidi Amar, a disparu depuis le 11 décembre 2016 sans donner de nouvelles depuis. Le 31 août 2017, un homme âgé de 68 ans, Idjri Ouidir du même village, n’a plus donné signe de vie à ce jour. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la disparition, le 2 octobre dernier, d’un pompiste, Allane Farid, exerçant à la station-service d’Assif Ousserdoun, près de Bouzeguène. Ce dernier a, toutefois, réapparu sain et sauf 24 jours après, soit dans la nuit du 24 au 25 octobre vers 22h, au lieu même où il a disparu. Il est, depuis, entendu par les services de police de Bouzeguène et de la gendarmerie de Boubehir. Outre ces disparitions, trois jeunes citoyens ont été assassinés dans des circonstances troublantes. Kaced Arezki, un paisible fellah, a été assassiné, en mai dernier, par arme à feu, dans un terrain qu’il exploitait du côté de Boubehir.  L’auteur du forfait, recherché depuis, a été abattu par les services de sécurité. Pour les deux autres, en l’occurrence Bouda Saïd et Djaouzi Arezki, leurs crimes demeurent à ce jour non encore élucidés et leur auteurs courent toujours.

La coordination des comités de village de Bouzeguène, qui est à l’origine de ce rassemblement, tout en exigeant la vérité sur les disparitionss et les meurtres, met à nu l’absence de sécurité dans la région de Bouzeguène en proie au banditisme et à la criminalité, sous toutes ses formes, et en appelle à l’État pour assumer pleinement ses missions et ses responsabilités dans la protection des biens et des personnes.
La délégation des comités de village, sortie du tribunal, a ensuite donné un exposé de l’entrevue avec le procureur et a informé les villageois que la mobilisation se poursuivra jusqu’à la satisfaction de leurs exigences, alors qu’une grève générale des commerçants de Bouzeguène a été largement suivie hier en cours de matinée.

KAMEL NATH OUKACI-source

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