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L’esprit et le cœur de Ghania

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Leurs parcours diffèrent, leurs buts et leurs moyens pour y parvenir également. Mais les filles franco-algériennes ont en commun de mener des combats dont celui de vouloir mettre en place une société plus harmonieuse et plus juste, où les droits de chacun seraient respectés. Portraits de l’une d’elle originaire de Bouzeguène, Ghania Oudali.

Ghania Oudali arrive sourire sans faille, elle qui milite sans relâche dans le milieu associatif et politique marseillais depuis plus de 20 ans auprès des hommes, des femmes et d’enfants des quartiers nord de Marseille pour améliorer leurs droits. Ghania est née à Sahel, un des plus grands villages de la commune de Bouzeguène mais vit depuis toujours à Marseille. J’ai découvert mon village natal à l’âge de 14 ans, « ce fut un véritable élan vers l’absolu qui m’a attiré, et je n’ai plus jamais voulu le quitter».

Dans le champ associatif et communautaire, elle s’inscrit dans le Collectif dit « l’Espace Franco-Algérien » dont elle est vice présidente. Un grand mouvement qui existe aussi en région parisienne oeuvrant pour le rapprochement des deux rives de la méditerranée, avec d’autres membres de ce Réseau comme Saïd Sai «Joliette », Hakim Allik, Saliha Guedja et Mohamed Khafif. Ghania détaille : « Concrètement, nous avons souhaité en autre, mettre en lumière une partie occultée de l’histoire : « L’autre 8 mai 45 », les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata. Nous commémorons à Marseille cette triste date depuis 7 ans. La municipalité a octroyé à notre demande l’apposition d’une plaque commémorative en la mémoire des milliers algériens assassinés « le fameux massacre de Sétif », une première en France. Malheureusement celle-ci vient d’être arrachée ».

Malgré ce constat amer : « Cela a conforté et renforcé notre conviction de la bonne voie dans laquelle nous nous sommes engagés. Il n’y a pas de démocratie sans la reconnaissance individuelles et collectives et sans un débat sur l’apport des chibanis à la libération et construction de ce pays. » Aujourd’hui, elle n’attend rien des élections, « parce que ce n’est pas une échéance électorale qui réglera une situation structurelle, voir même chronique. » Ghania préfère tabler sur un travail de proximité : « par des plaidoyers pour des lois et dispositifs en faveur de l’égalité et contre les discriminations. Et il faut absolument continuer à travailler sur les changements de mentalités afin que l’acte de vote soit vécu et exercé comme acte citoyen».

Ghania contribue ainsi à faire entendre la voix des franco-Algériens(nes) a Marseille et sait faire face à tous les intégrismes qui l’étouffent en œuvrant pour ses concitoyens au sein de sa ville. Aujourd’hui, elle est optimiste en travaillant davantage avec tous ceux qui veulent que la société civile existe ; à travers son militantisme de toujours pour l’amélioration des droits sur tous les terrains « Dans un monde qui cherche constamment à les occulter, c’est primordial de faire avancer les choses en général. On ne peut pas attendre la perfection pour que les enfants issus de l’immigration existent dans leur société ! » Aujourd’hui sa parole est sévère, son ton en colère envers les appareils politiques.

C’est finalement en tant qu’individu qu’elle est la plus active : « Je travaille avec tous ceux qui veulent que la société civile existe, Il faut montrer qu’on peut s’impliquer directement pour faire évoluer la société».

Revenons pour conclure a la commune de Bouzeguéne « si, j’ai l’occasion d’apporter ma modeste contribution à servir les intérêts de ma commune d’origine et de ses villages a travers la réalisation de projets via un autre jumelage avec Marseille ou une de ses communes limitrophes, ce serait un privilège et un grand honneur parce qu’une grande partie de notre histoire commune se trouve dans ces villages par la présence physique ou par le souvenir. Car aussi, nombreux parmi la diaspora ont, avec abnégation et au milieu des turbulences parfois très fortes, bâti, pierre après pierre, cette ville et ses villages dont le mien.

Ghania termine l’interview par cette phrase pleine de sagesse « Il faut avancer ensemble, main dans la main, vers la réalisation de nos objectifs, c’est urgent et important ! »

Rédaction

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