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L’état dépense 77 milliards pour leurs salaires: Ces élus qui coûtent cher

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Par Walid AÏT SAÏD
Par Walid AÏT SAÏD

Selon le témoignage même de présidents d’APC et d’élus locaux, c’est la guerre pour être vice-président ou président de commission permanente afin de toucher les indemnités qui vont avec le poste… 603686_750638831634215_9218727582029070705_n

Depuis 2013, le gouvernement a accordé des salaires aux élus locaux. Une façon de les motiver afin qu’ils se consacrent pleinement au service des citoyens. Deux ans après ces «cadeaux», le constat est plutôt amer. Cette rémunération est devenue source de conflit et de blocage au grand dame des citoyens. En effet, selon le témoignage même de présidents d’APC et d’élus locaux, c’est la guerre pour être vice-président ou président de commission permanente. «Ce n’est pas pour apporter leur noble contribution, mais pour avoir les gros salaires qui vont avec ces postes», dénonce le président d’une APC de la capitale qui a préféré garder l’anonymat. Les vice-présidents touchent entre 50.000 et 100.000 DA en fonction du nombre d’habitants par commune.

A titre d’exemples une commune dont le nombre d’habitants est compris entre 20.000 et 50.000 âmes, le vice-président d’APC empoche chaque mois 70.000 DA. Celui en poste dans une APC de plus de 200.000 habitants percevra 100.000 DA. Quant aux présidents de commissions permanentes, leur salaire oscille entre 40.000 et 90.000 DA également sur le principe de la densité de la population par commune.

L’indemnité allouée aux présidents des Assemblées populaires communales (APC) varie de 77.000 DA à 132.000 DA. Pour les élus non permanisés, ils bénéficient, quant à eux, d’une indemnité mensuelle de représentation fixée à 10.000 dinars. «Tout cet argent fait que tout le monde veut avoir l’un de ces postes très convoités. Comme, ils sont limités et on ne peut pas satisfaire tout le monde. On a le droit à une guerre des tranchées. Des oppositions se forment même dans les APC où le maire a la majorité», explique ce même P/APC.

«Et c’est comme cela qu’on a le droit aux blocages auxquels on assiste dans beaucoup de nos APC, qui les conduisent vers le statu quo et empêchent leur développement», ajoute-t-il. «Nos communes sont devenues ingérables. Et l’augmentation du nombre d’élus pour chaque commune n’est pas là pour arranger les choses», soutient-il. Et d’ajouter: «Tout le monde veut avoir sa part du gâteau, surtout en ce qui concerne la présidence des commissions. Les élus sont remontés contre ces présidents de commission car ils estiment, à juste cause d’ailleurs vu qu’ils ne se réunissent qu’une fois par mois, qu’il n’est pas normal qu’ils soient autant payés pour ne rien faire», poursuit-il. Pour Mohand, élu dans une APC de Tizi Ouzou, ces postes sont la corruption des temps modernes.

«Comme c’est devenu compliqué de se remplir les poches avec les commissions de contrôle des marchés qui scrutent tous les projets», estime-t-il. «Les élus véreux se tournent vers ces postes bien rémunérés. Ils les accaparent sans rien faire ou mettent en péril toute la commune pour pouvoir y accéder», réplique-t-il avec colère.
Il se désole du fait que les représentants du peuple soient devenus des «mercenaires». Lui et beaucoup d’autres élus dans des assemblées locales préconisent le fait que leur travail devienne un volontariat. «Qu’ils enlèvent ces gros salaires et vous verrez qui sont les gens qui se présenteront aux élections locales. On n’aura que les vrais amoureux de la ville, jaloux pour elle. Et qui ne penseront qu’à son développement», recommandent ces élus qui se disent au service du peuple.

Il est vrai que la question des salaires de ces élus doit être sérieusement débattue, particulièrement en ces temps de crise. Comme les députés, les élus locaux sont un véritable fardeau pour le Trésor public. Un petit calcul d’épicier nous permet de constater l’ampleur des dégâts!

Il y a 1541 communes dans le pays. Si on compte une moyenne de 10 élus locaux par commune, cela nous fait 15.410 élus. A la moyenne de 500.000 dinars pour chaque élu, on obtient plus de 77 milliards de centimes par mois, en moyenne comme masse salariale rien que pour les élus communaux sans parler de ceux des APW. C’est le budget de fonctionnement de certains petits pays africains!
Le pire dans tout cela est le fait que tout cet argent dépensé, n’a en rien amélioré la gestion des communes. L’incompétence avérée de ces élus et en premier lieu les maires, engendre toujours une gestion aussi chaotique qui s’est répercutée sur le bon fonctionnement des communes.

La majorité d’entre elles sont déficitaires financièrement, alors que l’argent coule à flots!

Incontestablement, on jette l’argent par les fenêtres. Le coût total de nos élus locaux est donc substantiel, pour une transparence financière et une performance globale qui laissent à désirer.
Faut-il supprimer les indemnités des élus locaux?

Rédaction

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