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Manque de liquidités dans les bureaux de poste à Bouzeguène (Tizi Ouzou) Les retraités ne voient toujours pas le bout du tunnel

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    Devant le bureau de poste de Bouzeguène, dans la wilaya de Tizi Ouzou, le scénario se répète depuis maintenant plusieurs mois. Il est devenu presque banal pour les passants, mais pour les retraités, c’est plutôt un véritable calvaire. Il n’est pas encore 7h lorsqu’une file, composée essentiellement de personnes âgées, s’est déjà formée devant l’entrée. Elles attendent, dans l’incertitude, de retirer l’argent de leur pension.  

    “Je suis venu à pied d’Aït Zikki à 5h du matin pour accompagner les vieilles femmes afin qu’elles retirent leur maigre retraite et, à l’ouverture du bureau de poste, on leur dit qu’il n’y a pas d’argent. Est-ce normal ?” lance une de ces personnes, qui considère cette situation comme un cas de “maltraitance” envers toutes ces femmes et ces vieux, malades pour certains d’entre eux, mais qui attendent debout devant la porte de l’agence postale.

    Dans la cour de la poste, ils étaient plus d’une centaine à attendre, vainement. Les guichets venaient à peine d’ouvrir et la déception est déjà grande. “Il n’y a pas d’argent”, leur a-t-on annoncé.

    “Je touche 17 000 DA par mois et, avec une famille de trois enfants, cela me suffit juste pour une semaine. J’attendais avec impatience le versement des retraites et alors qu’elles sont versées, il y a encore un manque de liquidités”, a déploré, décontenancé, un vieil homme du village de Takoucht. D’autres clients véhiculés quittent les lieux pour se rendre à Azazga, Fréha ou ailleurs, dans l’espoir de pouvoir retirer leur pension.

    À 10h, la poste grouille encore de monde. On y entre et on en ressort en fulminant, en des termes rageants. Derrière le comptoir, les guichetières, qui ne sont pas responsables de cette situation, peinent à regarder les clients.

    “À chaque rendez-vous du paiement des retraites, je fais des cauchemars à l’idée de ne pas satisfaire leurs besoins. On reçoit tous les quolibets à notre visage ; on évite de regarder les clients dans leurs yeux. Ils restent là, toute la journée, dans l’espoir d’un arrivage d’argent. Je ne vous le cache pas, la situation se dégrade de plus en plus, et si je pouvais trouver un autre travail, je serais déjà partie”, lâche une employée, déprimée.

    Ainsi, chaque mois, les retraités revivent les mêmes mésaventures, convaincus que la situation ne changera jamais. “Il faut accepter cette situation, celle de l’Algérie nouvelle qui n’assure même pas la disponibilité de l’argent des retraites dans les bureaux de poste”, résume, sidéré, un citoyen de Bouzeguène.
    KAMEL NATH OUKACI-liberte-algerie

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