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Massif forestier de l’akfadou Un patrimoine à valoriser à Idjeur

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    Ne pouvant compter sur les seules ressources financières publiques, la commune d’Idjeur a la possibilité de se tourner vers une économie forestière capable de l’aider à amorcer un véritable développement. 

    La commune d’Idjeur (daïra de Bouzeguène, à une soixantaine de kilomètre à l’est de Tizi Ouzou), à l’instar des communes voisines Bouzeguène et Ifigha, peine à amorcer son développement. Bien qu’elle recèle un potentiel naturel inégalable, cette commune située à la lisière de la forêt de l’Akfadou, à quelque 1200 m d’altitude, demeure l’une des communes les plus pauvres de la wilaya. Le destin des quelque 10 300 habitants que comptent les sept villages, entre autres Iguersafen, le chef-lieu de commune, Mehagga, Aït Aïcha, Ighraien, Ighil Boukiassa, Tifrit Nath Oumalek et Bouaouen, tout comme celui des élus locaux sont suspendus aux seuls maigres budgets alloués à la commune dans le cadre des programmes communaux de développement (PCD) et qui, malheureusement, ne répondent souvent pas aux besoins de la population. Cependant, de nombreux experts en développement et économie pensent que la commune d’Idjeur possède beaucoup d’opportunités pour se développer grâce à la valorisation du patrimoine forestier de l’Akfadou qui recèle des richesses insoupçonnées et qui constitue un atout qui pourrait lui conférer un capital important dans le développement économique et touristique. “Les communes situées à proximité des massifs forestiers possèdent des atouts majeurs pour assurer un développement harmonieux de leurs territoires. Dans de nombreux séminaires auxquels j’ai assisté, les experts n’ont jamais cessé de plaider pour la valorisation des forêts, notamment dans l’industrie de bois industriel et de chauffage qui doit constituer une source d’énergie complémentaire.

    Les élus locaux assistés par des experts pourraient bâtir une véritable industrie forestière, notamment dans le domaine de la production de liège, de bois, de plantes aromatiques et médicinales et autres produits de la forêt très fortement demandés”, a expliqué Mohamed Amara, ingénieur forestier, retraité. Par ailleurs, Mohand Messaoudène, décédé en 2016 au pied du Djurdjura lors d’une randonnée, un éminent docteur d’État en agronomie, directeur de l’Institut national de recherche forestière (INRF) de Tizi Ouzou, fut l’un des rares experts à avoir défendu et rendu à la forêt la place qui lui sied. Lors des conférences organisées dans de nombreux établissements scolaires, il n’a cessé d’appeler à la protection des forêts qui faisaient l’objet d’un véritable massacre.

    Le défunt avait notamment appelé à “la protection des espaces forestiers” et insisté pour “lancer une forme de révolution dans le reboisement, l’agroforesterie et la régénération naturelle des forêts. À travers ces actions nous pourront sauver un lieu d’ancrage d’une riche biodiversité”, ajoutant avec amertume : “Si nous ne faisons rien pour ces forêts, c’est notre fin à nous et c’est la fin de l’humanité.” La forêt de l’Akfadou, qui s’étend sur une superficie de 16 000 ha à travers les wilayas de Tizi Ouzou et Béjaïa, est essentiellement constituée de feuillus, une flore de chênes de différentes espèces, chêne zène, chêne vert et chêne-liège qui prolifèrent sur une large étendue et auxquels il faut ajouter, accessoirement, d’autres espèces comme le cèdre, le sorbier, le houx, le sapin, le châtaignier, le pin, etc. Dans le domaine touristique, elle n’est pas en reste : la forêt peut conférer à la commune d’Idjeur des atouts majeurs de développement, puisqu’elle possède les meilleurs sites naturels pour le tourisme.

    Outre le célèbre lac naturel appelé “lac noir”, rempli de batraciens et autres animaux aquatiques, d’une étendue d’environ 2 ha et de 1,50 m de profondeur, qui ne cesse d’accueillir des milliers de visiteurs par an, la faune de l’Akfadou est également très riche. La forêt a même mieux proliféré avec l’arrivée du gaz naturel dans les villages qui a mis fin au ronronnement des tronçonneuses et au massacre des arbres. Un spécialiste parle d’un véritable repeuplement des espaces, jadis désemplis, de ces animaux. Il s’agit nommément des chacals, des lièvres, des sangliers, des renards et même des civettes et des genettes. Notre interlocuteur n’oublie pas le singe-magot, la vedette de tous ces animaux, comme il aime l’appeler, et qui est connu pour ses virées courageuses dans les villages pour chercher pitance lorsqu’il est affamé, poussé notamment par les fortes chutes de neige. La forêt est aussi un milieu où prolifère une multitude d’oiseaux, de rapaces, de reptiles qui chassent la nuit à la recherche de nourriture.

    Malheureusement, les projets pour ces étendues forestières manquent terriblement, en dépit du fait qu’ils peuvent contribuer au développement de la région. Souvent, malheureusement, on a toujours fait la sourde oreille aux spécialistes qui proposaient des projets. L’ouverture de routes, pour désenclaver la forêt, peine à se concrétiser. Les automobilistes, de part et d’autre de la montagne, de Bouzeguène, d’Idjeur (Tizi Ouzou) et ceux de Semaoun, Chemini, Azrou, Ighzer Amokrane, etc., continueront à emprunter des routes cahoteuses. Une meilleure prise en charge par les pouvoirs publics pourrait attribuer à ces régions des opportunités d’emploi et de richesses inespérées.

     

    KAMEL NATH OUKACI-LibertéDZ

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