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On ne le répétera jamais assez: Démolition d’une école centenaire à Bouzeguène

L’école centenaire d’Aït Ikhlef, dans la commune de Bouzeguène, construite en 1898 (elle est âgée de 115 ans), a fait l’objet, samedi dernier, de démolition. Tel « Terminator » un engin d’une entreprise est entré en action pour raser le plus vieux vestige de rayonnement du savoir de la commune, l’une des premières institutions d’instruction publique de l’enseignement primaire jusqu’au certificat d’études. Véritable pôle du savoir à l’époque d’avant la guerre de libération jusqu’à 1957, date de sa fermeture, l’école d’Aït Ikhlef qui formait intellectuellement et politiquement, a vu défiler de grands noms à l’image du colonel Mohand Oulhadj (il doit se retourner dans sa tombe), du Docteur Mettouchi, et de nombreuses élites devenues après, enseignants et administrateurs qui ont pris en charge les destinées de l’Algérie, en 1962, et dont beaucoup ne sont plus de notre monde.

A l’indépendance de l’Algérie, elle a accueillis plusieurs générations d’élèves des villages d’Aït Ikhlef, d’Aït El Karn, de Tizouine et d’Aït Mizare et cela jusqu’au milieu des années 80. L’école transformée quelque temps en cantine a vite fait d’être abandonnée au profit de nouveaux locaux. Néanmoins, l’école gardant son architecture idyllique est devenue un lieu de pèlerinage pour de nombreux anciens élèves de Bouzeguène, d’Azazga, de Aïn El Hammam, d’Ifigha…etc. qui ont fréquenté les bancs de cette école.

Après avoir rasé les deux salles de classe, il restait les deux logements occupés par deux familles : un professeur de lycée et ses enfants d’une part et une femme vivant seule avec sa fille qui n’ont pas où aller. Ils ont été mis en demeure de quitter les lieux avant l’arrivée du bulldozer. L’enseignant a été relogé provisoirement par un habitant de la région jusqu’à juillet, mais toutes ses affaires étaient restées dans le logement de l’école centenaire. L’autre famille, elle, refuse de partir, quitte à périr sous les décombres. L’enseignant a retrouvé son logement dégarni de ses tuiles alors que ses effets étaient à l’intérieur. Même la porte a été retrouvée forcée. L’enseignant qui a habité durant 17 ans a effectué de nombreux travaux à l’intérieur de l’habitation.
Alors que la région regorge de sites pour édifier une unité de protection civile, un projet controversé en raison du choix du site d’implantation, on a préféré démolir histoire, un patrimoine qui n’appartient pas seulement au village d’Aït Ikhlef et à la région, mais à l’universalité et doit être protégé. A Bouzeguène, la célébration du mois du patrimoine a fini par avoir raison de ce même patrimoine. Un véritable gâchis. Dommage !

Kamel K.Mai 2013
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