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Sit-in du CNAPESTE, suite à l’agression d’une enseignante par une policière au siège de la direction de l’éducation de Tizi Ouzou

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    « Ponctionnez nos salaires et nos primes, mais jamais notre dignité »

    A l’appel du conseil national autonome du personnel enseignant secteur ternaire de l’éducation (CNAPESTE) de la wilaya de Tizi- Ouzou, un sit-in a été organisé, aujourd’hui mardi dernier, 5 décembre,  devant le  portail du siège de la wilaya de Tizi Ouzou. Plus de 3000 enseignants ont répondu présents  à l’appel pour dénoncer une agression physique perpétrée par une policière sur une jeune enseignante âgée de 24 ans dans les locaux de la direction de l’éducation en présence du personnel de service. Un immense cordon de sécurité protège l’entrée et tout le pourtour du siège de la wilaya.

    La grande place et la route qui jouxte le portail étaient noires de monde dont plus de 70 % sont des femmes. Les enseignants vêtus en majorité de leurs blouses brandissaient, en usant de perches, des blouses blanches, des cartons rouges comme ceux des arbitres et des banderoles en papier sur lesquelles on pouvait lire des slogans entre autres « Quelle  éducation sans la dignité de l’enseignant », « Touche pas à notre dignité » ou encore « Le remède de la médiocrité c’est le déracinement » autrement dit, « Asafar N Ucullex D Aqla3 »…etc. Sur une scène improvisée sur une camionnette et à travers baffle amplifiée, les intervenants ont dénoncé vigoureusement, d’une part, les responsables de l’éducation, notamment le directeur  et deux chefs de service, essentiellement ceux du personnel et du contentieux qui n’ont pas protégé leur fonctionnaire (la jeune fille agressée) et d’autre part tout le système représenté par la police.

    L’enseignante, une universitaire qui exerce dans le secteur primaire, a subi une violence inouïe. Elle nous a déclaré : « J’ai subi l’insupportable dans une république que je n’ai pas reconnue, ce jour du 18 octobre 2017, jour où j’ai été priée de sortir du bureau du service du personnel de l’éducation par une policière relevant de la sûreté de daïra de Tizi Ouzou. En  voulant m’expliquer du refus de la secrétaire de me remettre un arrêté réclamé par mon inspecteur, la policière  m’a demandé mes papiers ;  je lui ai répondu que je suis à l’académie et non dans un poste de police. La policière m’a tordu le bras derrière le dos et m’a poussée dehors. Ensuite elle m’a plaquée au mur et m’a asséné une gifle avec une rare brutalité ». C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le CNAPESTE s’en est saisi de l’affaire. Selon M. Ikene Djilali, responsable du bureau de wilaya du syndicat, « Pour débloquer la situation, nous nous sommes réunis respectivement avec le directeur de l’éducation et avec le chef du cabinet du wali, mais nous avons constaté l’absence de volonté des interlocuteurs pour trouver une issue. La commission d’enquête qui a été créée s’est transformé » en commission de réconciliation. Nous avons alors décidé de déclencher ce mouvement de grève illimité. La réponse du directeur a été sans équivoque : « Nous allons casser le CNAPESTE !  ».  Des intervenants ont fustigé la déclaration de la coordination des associations de parents d’élèves qui : « au lieu de chercher le fil du problème, a versé dans la désinformation et l’opprobre envers les enseignants. Jugez-en : dans cette coordination aucun parent n’a un enfant scolarisé ». Tous les intervenants ont mis en exergue leur détermination à poursuivre le mot d’ordre de grève. Ils constatent que les fonctionnaires du service personnel et contentieux refusent de témoigner  bien qu’ils aient été témoins de la scène. Au contraire, depuis ce jour, la jeune enseignante subit des pressions et des menaces de la part des responsables de l’éducation. Les noms, adresse et No de tel. de l’enseignante ont été publiés sur la page facebook de la direction de l’éducation. « Je reçois des appels et des menaces de partout », nous a-t-elle déclaré. Le CNAPESTE fort de ses 4000 adhérents, ne recule pas. Pour dénouer la crise, il réclame ni plus ni moins que le départ des deux chefs de service du personnel et du contentieux, jugés responsables du préjudice causé à la jeune enseignante.

    Kamel Kaci

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      Rédaction

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