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Je suis un âne différent des autres car je suis rebelle et intelligent. Je détiens le pouvoir de parler, de lire et d’écrire. Je nourris de grandes ambitions de siéger dans l’union des écrivains algériens, l’union du Maghreb Amazigh et l’organisation des nations unies afin de dénoncer toutes les injustices dont les ânes sont victimes. Il ne suffit pas d’avoir un don, encore faudrait-il le développer pour en faire une arme efficace avec la persévérance d’un travail acharné. J’ai eu la chance inouïe de trouver une plume égarée dans un coin de mon étable. Elle me dit : « Prends-moi et écris, je guiderai ta main. Je m’ennuie et je souffre de solitude. Je veux me rendre utile pour les ânes car je comprends parfaitement leurs états-d’âme. »

Effectivement, j’ai fait un bon usage de ma plume pour perfectionner mon style d’écriture. Quand mon maitre est absent, je profite de sa bibliothèque riche mais pleine de poussières pour parfaire mes connaissances dans tous les domaines en général et le domaine juridique en particulier.
Je voulais devenir un avocat célèbre aux compétences reconnues dans le monde pour défendre mes frères ânes qui souffrent de maltraitance, d’exploitation et de toutes sortes d’abus intolérables au siècle des lumières.Je vais vous raconter une anecdote amusante qui m’est arrivée le Mardi passé au marché hebdomadaire de Bouzeguene :Mon maitre-un vieux grincheux et cupide-m’a emmené au marché pour transporter sur mon dos des marchandises et des provisions très lourdes. De retour du marché, il m’a attaché à un grand chêne au soleil de telle sorte que je ne pouvais même pas brouter l’herbe qui me tendait les bras, attisant ma faim de loup qui tenaillait mon estomac.

Pour me venger, j’ai mangé toutes les provisions qu’il a achetées au marché. Fou de rage, il m’a assené quelques coups terribles avec son gros bâton qui m’ont donné le tournis. Heureusement, ma peau était coriace. J’ai encaissé les coups et j’ai attendu le moment propice pour prendre ma revanche.
A un certain moment, perdu dans ses réflexions, Mon maitre a relâché sa vigilance. J’ai profité pour lui décocher quelques ruades qui l’ont fait culbuter par terre en se tordant de douleur. J’allais parachever ma besogne en le piétinant et en le mordant mais quelques passants revenus du marché me dissuadèrent en invoquant le pardon, la sagesse et la miséricorde.A demi-inconscient, je l’ai acheminé à la maison en passant par les sentiers les plus accidentés pour l’embêter avec le maximum de secousses. Arrivés à la maison, il me priva de nourriture et de liberté en m’attachant solidement à un épieu planté au milieu de l’enclos. Je ne pouvais ni manger, ni écrire.

Par Hammar Boussad.

Rédaction

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