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Culture loisirs

Une fête de mariage en Kabylie

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    Muhend At Wawal est un brave homme réputé dans toute la région d’Agni n Tidet. Quand vint le jour de marier son fils Izem Aghilas avec Tanina Tuzyint, il décida d’inviter tous les « imeghban »en général et Muhend Ameghbun en particulier.

    Une fois n’est pas coutume, Muhend Ameghbun est invité à une fête dans son village natal « Adrar n Tawant ». D’habitude, il était souvent écarté des cérémonies car il ne disposait pas de voiture et en plus, étant pauvre, il ne pouvait faire honneur avec un cadeau digne de ce nom et sa tenue paysanne.

    Le premier jour de la fête se déroula au village. Le soir, Muhend Ameghbun mangent des tripes avec des pois chiches, des carottes et des courgettes, l’eternel menu depuis la nuit des temps. Après le dîner, il sera procédé à la vente du « Henné », un rituel millénaire qui consiste à réciter des poèmes en l’honneur des nouveaux mariés et de toute leur tribu tout en critiquant les ennemis imaginaires, les jaloux et les envieux tapis dans l’ombre et attendant le moment propice pour perturber le bonheur des deux familles.

    La cérémonie du « Henné » est assurée par un poète de la région reconnu pour ses talents oratoires. Il sera récompensé par une dizaine d’œufs et éventuellement un peu d’argent. Le « Henné » fini, place au bal.

    Jadis, les bals étaient animés par des « idebbalen » qui créaient une ambiance folle et une allégresse inoubliables. Aujourd’hui, un disque Jockey qui fait office d’animateur rassemble toute la médiocrité musicale de la Kabylie. Même la piste de danse est squattée par un groupe de jeunes qui dansent anarchiquement et sans s’arrêter en soulevant des nuages de poussière.

    Le lendemain matin, Muhend Ameghbun est invité pour faire partie du cortège qui doit aller chercher la mariée et l’acheminer vers la salle de fête « Tayri n Lebda », louée pour la circonstance des semaines à l’avance.

    Muhend Ameghbun dût chercher longtemps dans son armoire pour retrouver le seul costume qu’il possédait, usé et rapiécé. Le cortège commence à se mettre en place. Muhend Ameghbun est affecté dans un fourgon prévu spécialement pour transporter les « imeghban ».

    En attendant que la mariée soit apprêtée, Muhend Ameghbun prend quelques notes sur son calepin pour immortaliser les souvenirs. Absorbé dans l’écriture, il n’a pas senti la lourdeur de l’attente. Soudain, il entendit une femme s’écrier :

    -« Voici la mariée qui arrive en compagnie de son mari, ses parents, ses proches et ses amies ! »

    Les photographes s’activent pour immortaliser l’heureux événement avec leur appareils ou leur portables. Les nouveaux mariés s’engouffrent à l’arrière d’une Mercedes richement décorée de rubans et de fleurs multicolores. Le cortège d’une vingtaine de véhicules s’ébranle en direction de la salle de fête dans une ambiance joyeuse et conviviale. Des youyous et des chants de toutes sortes fusent à travers les fenêtres des voitures et des fourgons.

    A midi, un bon couscous garni de viande et de légumes est servi aux invités. Aussitôt le déjeuner terminé, l’ambiance reprend avec des chansonnettes banales et médiocres. Tout le monde danse, y compris les nouveaux mariés.

    De temps en temps, l’ambiance est interrompue pour servir des gâteaux ou des boissons : thé, café, lait, jus, limonade…

    La fête continue jusqu’au coucher du soleil. Dieu, faites que la joie perdure ! Que les nouveaux mariés soient heureux et que leur premier enfant soit un garçon !

    Par Hammar Boussad.Nadjib Mouloudj – Photographe

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